//Pierre Drury, portraits du Québec

Pierre Drury, portraits du Québec

Alain Clavet
Les oeuvres de l’excellent photographe et portraitiste Pierre Drury font l’objet d’une exposition majeure : Si le Québec m’était conté, à l’Espace Musée Québecor du 30 avril au 16 juin 2019.

Pour la première fois les oeuvres d’un photographe sont exposées à l’Espace Musée Québecor.  L’exposition  » Si le Québec m’était conté «  illustre de brillante façon l’histoire du Québec des dernières décennies.   Courez voir cette exposition, à ne pas manquer !  Vous pourrez admirer les portraits de 86 personnalités qui ont marqué l’histoire du Québec dont René Lévesque, Félix Leclerc, Marjo, Janine Sutto, Robert Lepage et Robert Charlebois.

Pierre Dury, photographe

 » Pierre Dury est né à Montréal le 7 mai 1945. Jeune finissant des Beaux-Arts en 1966, encore incertain de son avenir, il fait une première exposition de peinture dans le Vieux-Montréal, puis se propose comme artisan compagnon à Jean-Paul Mousseau, qu’il avait croisé durant ses cours avec le frère Jérôme au Collège Notre-Dame. Auprès du maître de l’art public, il participe à la création d’œuvres murales et aux travaux tous azimuts donnant naissance à la psychédélique Mousse-Spathèque de la rue Crescent. Durant deux ans après l’ouverture, il y fait office de projectionniste et de DJ, développant du coup une fascination pour cette faune urbaine emballée par l’Expo universelle de 1967, tirant son allure distincte d’un amalgame original des couleurs de Saint-Germain-des-Prés et de Haight-Ashbury.

Robert Lepage, photo de Pierre Dury et de La Métropole

Désireux de s’inscrire dans l’effervescence ambiante et inspiré par les grands Avelon et Penn, Dury choisit dès 1968 d’explorer en agent libre les avenues esthétiques de la photographie, se mettant d’abord sur les traces des célébrités chéries par la une des hebdos. Début des années 70, impressionné par la pochette que Dury a conçue pour le disque Tiens-toé ben j’arrive, de Diane Dufresne, l’orchestrateur en chef du showbiz Guy Latraverse lui confie l’image des gros canons de la chanson. Parallèlement, le cinéaste Claude Fournier lui fait faire ses débuts comme photographe de plateau lors du tournage d’Alien Thunder en Saskatchewan. Rapidement, son style pur et distinct s’impose non seulement dans les coulisses du cinéma et de la musique mais aussi de la mode, où son destin croise la foudroyante Marjolaine Morin, qui devient sa Muse.

Raoul Duguay, photo de Pierre Dury

Au fil du temps, une relation de confiance s’installe entre le photographe et les principaux acteurs de l’avant-garde québécoise. Il est admis dans leur intimité. Dès lors, Dury exerce avec de plus en plus de raffinement la discipline qui lui est chère entre toutes, celle du portrait.

Félix Leclerc, photo de Pierre Dury

Lorsque disparaissent les icônes Maurice Richard et Félix Leclerc, le photographe en pleine possession de son art ressent l’urgence d’immortaliser les visages des êtres d’exception à qui l’on doit, Québécois, d’être qui nous sommes. Il recentre sa vie professionnelle autour de ce projet profondément personnel et, à partir d’une liste établie à l’encre du cœur, il entreprend à ses propres frais de le mener à bon terme. Depuis 2004, plus de soixante figures incontournables à travers lesquelles se raconte notre histoire ont bien voulu se prêter à ce devoir de mémoire. De cette collection montée avec patience et respect par le portraitiste archiviste surgit le visage même du Québec de sa génération. » (Carmel Dumas, texte du catalogue de l’exposition : Si le Québec m’était conté.).

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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