//Jean-Paul Belmondo, le magnifique

Jean-Paul Belmondo, le magnifique

Ricardo Langlois
Mourir a 88 ans. Bébel est parti fatigué. Il a tellement donné. Le Magnifique, Le Professionnel, À bout de Souffle. Tout le monde l’aimait même son rival Alain Delon. 80 films en soixante ans de carrière.

Né à Neuilly-sur-Seine, le 9 avril 1933. Il était le fils d’un artiste peintre et du sculpteur Paul Belmondo. Élève turbulent, amateur de sport, surtout le football. Pour moi, c’est l’acteur qui appartient à la Nouvelle Vague. Après Chabrol, Godard fera appel a lui pour À bout de Souffle. Il a pris le risque d’être dans un film sans scénario. Pierrot le Fou (1965) est aussi un classique innovateur (1).

Un symbole

Aux côtés de Alain Delon et de Johnny Hallyday, il est un phénomène sociologique. Sur 67 titres, on retient aussi Une femme est une femme (1961), ou la joyeuse comédie ludique, Pierrot le Fou. Bébel représente a lui seul le cinéma des années 1960, L’homme de Rio 1964, Cent mille dollars au soleil 1964. Mais aussi les années 1980, Le Marginal, Joyeuses Pâques 1984, Hold Up 1985. D’énormes succès commerciaux. Belmondo est partout. Surtout au petit écran. Ses films ont été regardés à l’infini. Le public est au rendez-vous à chaque fois.

Kidnappé par le cinéma

Depuis À bout de Souffle, j’avais été kidnappé par le cinéma. J’enchaînais les tournages, les aventures, les collaborations, les rôles, les cascades, les pays, les hôtels, les voitures. J’avais déployé une énergie plus qu’intense. J’avais tout donné, à chaque fois, complètement, sans réserve. J’avais fait mes preuves.(2).

Il s’est acheté une vieille maison sur la Marne, à l’Ile-aux-Corbeaux. Planqué dans la végétation, oui, il a été heureux avec Ursula et ses enfants. C’est Johnny Hallyday qui a pris la suite. Il était constamment épié par les paparazzi de son époque. L’intimité n’existait pas. Il était à la merci de son public. Partout même à Londres. Il a dû s’exiler à quelques reprises. Un jour, il s’est retrouvé à Los Angeles dans un climat de liberté avec Warren Beatty, Kirk Douglas, Frank Sinatra et Dean Martin. Il a même été en page couverture du Life aux États-Unis.

En 2001, la fin ?

En 2001, Belmondo est victime d’un grave accident vasculaire cérébral qui le tiendra éloigné des plateaux. On retiendra de lui Le Magnifique réalisé par Phil de Broca sorti en 1973. Un pastiche de films d’espionnages et des James Bond. Ce film a particulièrement marqué mon adolescence. Un écrivain timide qui s’invente une identité. Un agent secret qui est un séducteur. C’est aussi la même année que Les aventures de Rabbi Jacob avec Louis de Funès, un acteur fabuleux.  Ce sont de beaux souvenirs pour moi. Un peu plus tard, je découvrirai Hiroshima mon amour  d’Alain Resnais (1959), un scénario de Marguerite Duras. Le cinéma français c’est aussi Cyrano de Bergerac avec Depardieu (1990). Je pense aussi Bertrand Blier et Les Valseuses (1974). J’ai appris avec joie l’hommage national à Belmondo, le 9 septembre 2021.

Notes

1. Pierrot le Fou est classé en 19e position du top 100 des meilleurs films français selon Senscritique.com. À bout de Souffle 29e position.

2. Jean-Paul Belmondo, Mille vies valent mieux qu’une, Édition Fayard, 2016.

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