//Le top 10 des livres 2019

Le top 10 des livres 2019

Ricardo Langlois
2019. Claudia Larochelle (journaliste et auteure) l’affirme solennellement : la lecture sauve des vies.

Ayant vécu une adolescence difficile en raison de ma personnalité atypique, les livres m’ont amené au royaume de la survie et de l’imagination. Voici mes choix :

1. David Goudreault, Ta mort à moi (Stanké). C’est un essai-roman où les références sont nombreuses. L’auteur parle tout haut de notre époque via une poétesse désœuvrée. Il y a des phrases qui tuent. Je pense à celle-ci : l’époque promeut tellement le narcissisme que nos écrivains « égocentrés » s’aventurent à peine. (p71)
2. Martine Audet, La société des cendres (Éditions du Noroît). Jean Royer, poète et ami de Gaston Miron, a eu une certaine admiration envers celle qui fait admirablement l’échographie du cœur. Il a dit d’elle : car chaque beauté avive la perte. Il y a aussi le voyage intérieur ou la séparation des mondes.
3. Bertrand Laverdure, Lettres en forêt urbaine (Mémoire d’encrier). Un poète écologique ? Il écrit à des arbres montréalais. Entrer en relation avec les arbres, c’est réinventer et actualiser la poésie. Oui, si la société se plaît à changer les paradigmes de représentations. La poésie de Laverdure constitue une prise de conscience profonde.
4. Simon Leduc, L’évasion d’Arthur ou la commune d’Hochelaga. (Le Quartanier) J’ai reçu ce roman il y a quelques jours à peine. Une écriture inventive. On parle d’Arthur, le protagoniste du récit, diagnostiqué TDAH. Je vous en parlerai bientôt. Un attrait pour la jeunesse. Un regard extralucide.
5. Isabelle Dumais, Les grandes fatigues. (Éditions du Noroît) L’éloignement, la solitude, le spleen. C’est rare de lire une poésie aussi profonde (presque autobiographique) : amante confuse du vide blanc déparé lueurs livides accrochées à mes coudes. (p37)
6. Jonathan Charrette, Ravissement à perpétuité. (Éditions du Noroît) Gagnant du prix Émile-Nelligan. L’urgence des mots. Le dépouillement de l’âme. Nous sanglotons devant les crimes, parfois nous comprenons (…) Nous pleurons comme des étoiles privées d’aller jouer à l’extérieur pour une éternité. (p. 40) Chercher un mouvement, une façon d’exister ou de survivre.
7. Joséphine Bacon, Uiesh, quelque part. (Mémoire d’encrier) Elle a plus de 70 ans, elle est de quelque part (on ne sait pas où exactement), mais moi, je le devine. Entre le passé et le présent, elle évoque cinquante ans de vie urbaine en même temps que sa nostalgie de la nature et du mode de vie amérindien. Écouter une colère tranquille.
8. Xavier Dolan, L’indomptable. (Éditions du CRAM) Le jeune surdoué du cinéma québécois fait l’objet d’une biographie. L’auteur Laurent Beurdeley, qui est un chercheur, s’est penché sur licône pop de la nouvelle génération. Dolan est adulé en France, moins ici. C’est comme ça pour plusieurs (Fred Pellerin, Hubert Lenoir). Des centaines d’anecdotes apportent un éclairage sur ce cinéaste qui vient d’avoir 30 ans.
9. Michel Tremblay, Le cœur en bandoulière. (Éditions Leméac) Voici un roman hybride qui navigue entre le roman et le théâtre. L’écrivain et le dramaturge à son meilleur. En plus de rendre hommage à Tcheckhov et à la beauté simple des couchers de soleil de Key West, il a le don précieux du raconteur.
10. Virginie Francoeur, Jelly Bean. (Éditions Druide) Un roman sur la quête de soi. La rébellion magnifique d’une élève modèle. Appartenir à une filiation dans un destin cruel. L’ecstasy (les jelly beans) est une échappatoire. C’est aussi la jeunesse, les millénariaux à la recherche d’un monde meilleur.
Le Gustave
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