//Sébastien Lamarre, « L’effet funambule »

Sébastien Lamarre, « L’effet funambule »

Ricardo Langlois
Petit roman philosophique et poétique. Sébastien Lamarre est écrivain et psychanalyste.

Il voit le monde d’une manière métaphorique. Je deviens son lecteur. Je suis sous son emprise. La vérité de vivre. Traverser le doute. Le Vide avec son écriture. Aucun paragraphe et aucune ponctuation. On appelle ça une expérience de lecture.

Il échange avec nous. Ses rêves et ses angoisses. La métaphore comme le regard des fleurs (p9) ou la lumière m’appelle. (p12) Il analyse (narcissisme et idéalisation). Heidegger est un maître sur le sujet. (1) Il y a un débat sur l’image de la poésie. (p18)  Nous sommes des créatures de Dieu (l’être métaphysique, il le dit lui-même) doit faire écho à sa propre écriture. Le conscient contre l’inconscient. Les conditionnements. Il parle du souffle (une référence à Paul Celan) (2) ou cette illusion comme une sœur. (p33) On est, selon moi, dans le sourire du Bouddha ou l’écho du Moi dans les décombres. Trouver le sens, la décomposition, la déconstruction, le démontage de sa vie. Le regard du poète sur lui-même.

Le poème en prose

Cette vie, comment la justifier ? C difficile en modit dimage iner un noir plus nouère que noir. (p37) Cette noirceur n’efface pas le blanc des pages. Il faut remplacer le vide du cœur. La fragilité de vivre. Échapper à la souffrance de vivre ? Il le dira plus loin qu’il faut choisir entre le livre et le monde. (p. 54) En lisant ce livre, on pense à la pensée du psychanalyste. Il interprète. Il analyse. La paix et la lumière sont si lentes.

Yves Bonnefoy avait bien compris Mallarmé, le poète le plus cité dans ce livre. Il dit ceci : la notion pure ne peut se lever dans autre chose que la profération d’un seul mot. (3)  L’auteur devient désinvolte à l’occasion.

Pour me nourrir

Une bouteille d’eau

Pour mouiller mes larmes

La musique des compositeurs

Abstraits et un joint pour me lier

À un oiseau improbable (p60)

L’auteur Sébastien Lamarre joue également sur le plan romantique. Comment apprivoiser et transgresser l’amour ? Le Corps amoureux occidental qui émerge. Ici, la nymphe Mélodie, comment la séduire ? Un véritable champ de bataille entre Rythmes (le protagoniste) et Mélodie (une typologie amoureuse). On s’attarde à cette histoire. Examiner l’instinct primitif de l’acte amoureux. L’inconscient freudien. Il y a ce baiser étrange catharsis. (p67) Et nous revoilà avec l’image du funambule dans ses battements d’ailes (d’elle). Je pense à l’intimité dans l’espace du cœur. J’interprète l’histoire à travers le jour et la page. Je retourne les pages sans cesse comme de l’eau d’or entre mes doigts. Aujourd’hui est né un nouveau poète surréaliste.

Notes

1. Heidegger, cité dans Histoires d’amour de Julia Kristeva, Folio 1988.
2. Référence à la poésie de Paul Celan, Renverse du souffle, Édition du Seuil, 2003.
3. Stéphane Mallarmé, Poésies, préface de Yves Bonnefoy, NRF.

Sébastien Lamarre est écrivain et psychanalyste. Il a publié dans des revues de poésie, de psychanalyse et de politique. Il a également participé à des concours de slam. Il est aussi conférencier.

Sébastien Lamarre, L’effet funambule, Les Éditions de La Grenouillère, 2020.

Las Olas
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