TNT édition, La rentrée

À la suite du lancement du livre de Jean-Simon Brisebois aux éditions TNT, le 1er septembre 2022, j’ai rencontré des auteurs remarquables que j’avais envie de vous faire connaître.
Sylvain Turner, In Extremis

Sylvain Turner est une révélation. Lors de notre rencontre, il m’a parlé de musique rock, de ses études avec Paul Chamberland et de son admiration pour Denis Vanier. En lisant, In Extremis, j’y vois l’incarnation du poète urbain. Un animal matériel à la recherche du souffle idéal. Il a une Conscience. C’est très beau : Entends-tu l’écho des humiliations, les cris des fillettes mariés à des vieillards, ces plaintes des femmes violées à l’ombre des champs de bataille (p. 24).

C’est un imaginaire où les images sont violentes avec des ailes meurtries. C’est une œuvre aux figures rebelles. Un romantisme lourd : Nous léchions le miel des orchidées dans le dos de la nuit, ivres de ravissements, la tête entourée de lucioles (…) J’étais tellement heureux que j’en venais à oublier qu’on se tue parfois par amour (p. 58). Drapé dans la peau de chagrin, j’ai même pleuré en lisant le poème Les anges que nul ne voit. L’histoire d’une jeune fille dans sa chambre de soins palliatifs. Le bruit sourd de la mort flotte (Denis Vanier) sur les poèmes. Le poète Turner fait écho à notre sombre époque. C’est l’immensité du temps présent qu’il exprime avec intensité.

Sylvain Turner, In Extremis en 3e réédition. Ce recueil a été traduit en anglais par l’écrivain et journaliste Colin Mc Gregor.

Éric Roger, La pluie de la mort

Éric Roger a écrit pour Pop Rock et a été animateur à la radio universitaire pendant plusieurs années. Il est connu surtout comme animateur des soirées SoloVox depuis plus de vingt ans. Éric Roger nous présente son quatrième livre La pluie de la mort.  Son écriture est comme un bateau ivre qui rencontre Béhémoth où tous les pièges d’une quête intérieure qui est (je souligne) un parcours d’épreuves, d’effroi et de solitude. Le suicide des villes court les rues (p. 8). Le ciel qui nous avait abandonnés trop longtemps (p. 11). Une muse est une fleur qui se fane trop vite (p. 17).

Le Réel poétique du poète s’exprime par des forces négatives. L’horreur du monde comme une grande mise en scène. Tout n’est pas si noir, j’ai beaucoup aimé le segment Masturber les plantes :

On vient au monde pour

Se perdre dans l’infini

Nulle route ne mène à l’aube

Dans un pays où les âmes s’affrontent. (p. 40)

J’ai penà Kurt Cobain dans la chambre d’écho. À noter : une illustration en couverture de Away, batteur pour Voivod et illustrateur.

Jean-Simon Brisebois, L’ange du nouveau monde

Je ne connaissais rien de ce jeune auteur. Il écrit des poèmes comme des chansons. C’est peut-être là sa plus grande force. Une poésie accessible au grand public. Un romantisme à fleur de peau. Écrire sur l’amour, la lumière. Cette céleste lumière (p. 7)Le temps d’une vie d’une éternité (p. 20). N’entendant que le silence des ombres recherchant sa lumière (p. 28). Jean-Simon Brisebois écrit sur sa solitude, son silence. Il y a la célébration d’un chant intérieur (disait Christian Bobin). Il écrit pour approfondir la blessure de la solitude. L’auteur sans le savoir écrit de bonnes chansons.

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Las OlasLe Pois Penché

Ricardo Langlois

Ricardo Langlois a été animateur, journaliste à la pige et chroniqueur pour Famillerock.com