//Drame culturel, le Musée national de Rio de Janeiro s’envole en fumée

Drame culturel, le Musée national de Rio de Janeiro s’envole en fumée

Alain Clavet

Lucas Guerra, collaboration spéciale de Rio de JaneiroLaMetropole.Com

Bien que l’épisode de dimanche soit le plus grave de l’histoire culturelle brésilienne, les dernières années prouvent que l’incendie du Musée national de Rio de Janeiro était prévisible et évitable. Il y a des trésors culturels que nous ne pourrons jamais plus récupérer. C’est pour cela que la préservation du patrimoine historique et culturel national doit être une véritable priorité de toutes les entités du pouvoir, des villes jusqu’au gouvernement fédéral. La politique de préservation doit être une politique d’État, pas de gouvernement ou des partis. Cette politique doit concentrer les efforts de toute la société pour respecter le pacte entre les générations qui permet une nécessaire prise de conscience de l’importante de la culture pour la nation. Ce dernier weekend, Rio de Janeiro a vécu une véritable tragédie culturelle de proportion mondiale.

L’incendie, qui a complètement détruit le Musée national de Rio de Janeiro, démontre avec fracas l’abandon du patrimoine culturel brésilien par l’État.  Peu importe combien le gouvernement dépensera pour la culture après cette tragédie, le ministre de l’éducation a annoncé une somme de 10 millions de réal destinés à la récupération du musée incendié, ce qui a été détruit ne sera jamais récupéré. Point final. De plus, cette tragédie prouve également la négligence de la direction de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, qui est l’entité responsable de la gestion du musée. Bien que l’argent destiné par le gouvernement à l’université pour le musée ne soit pas une grande somme, l’utilisation qu’en fait la direction de l’université montre que le musée n’était pas une priorité, loin s’en faut, pour ceux qui sont directement responsables de cet extraordinaire patrimoine. D’après les données du journal brésilien O Globo, l’allocation de fonds au musée par l’université a, en fait, diminué considérablement, alors que les transferts des fonds du gouvernement à l’Université fédérale de Rio de Janeiro ont augmenté, et ce, depuis 2014.

Récemment, l’Université de Rio a été la scène de plusieurs incendies et, l’année dernière, d’un vol de 303 œuvres rares. La première de cette séquence d’incendies est arrivé en 2011, dans la chapelle São Pedro de Alcântara du campus Praia Vermelha, un immeuble classé par l’Institut du Patrimoine historique et Artistique national. Un autre incendie a ravagé le bâtiment de la direction universitaire dans le campus principal de la ville universitaire en 2016.

Ce qui reste aujourd’hui c’est le souvenir d’un Brésil qui estimait sa culture. Un Brésil qui a rêvé d’être une puissance mondiale, pas seulement économique et militaire, mais aussi une puissance culturelle. Les Brésiliens se moquent trop souvent de leur culture, de leur histoire et du patrimoine tant dans les feuilletons télévisés que dans les salles de classe. Le mépris de la culture au Brésil est un processus qui malheureusement n’a pas commencé dimanche dernier !

Drame culturel, le Musée national de Rio de Janeiro s’envole en fumée

Lucas Guerra
Diplômé en Relations Internationales à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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