//Slav et la liberté d’expression au Québec.

Slav et la liberté d’expression au Québec.

Alain Clavet, Rédacteur en chef, LaMetropole.Com

Robert Lepage, aux multiples talents célébrés dans le monde entier, ne peut évidemment pas être soupçonné de racisme.  Or, un petit nombre de contestataires ont réussi à faire annuler son récent spectacle Slav en l’accusant d’appropriation culturelle!

< Rappelons  aussi que si «controverse» il y avait, c’est que des manifestants s’étaient présentés à la première pour dénoncer un spectacle sur les chants d’esclaves noirs interprétés par une chanteuse blanche et mis en scène par un homme blanc. (Deux des choristes sont noires.) >  (Josée Legault, Journal de Montréal.). Selon ce nouveau type de pensée maccarthyste, un Québécois blanc n’a pas le droit de <s’approprier> la culture noire et l’histoire des chants de l’esclavage pour faire un spectacle dénonçant le racisme et prônant, de surcroît, l’ouverture à l’Autre. Voici un fâcheux exemple de censure, le droit de protester des uns ne devrait pas impliquer de limiter la liberté de création et d’expression des autres.

Le concept que l’on doit être noir pour s’exprimer sur la culture noire est non seulement une idée fausse, mais aussi une idée une idée dangereuse pour la liberté d’expression et de création.  Cette approche représente, en fait, une forme de racisme inversé.  La culture noire et la musique noire font parties de la richesse culturelle de l’humanité et appartiennent à tous. Après tout, le jazz origine, notamment, des rythmes des chants des esclaves noirs des plantations de coton des États du Sud des États-Unis, ce qui n’a pas empêché, bien sûr, de nombreux blancs à y exceller, sans être accusés, par ailleurs, d’appropriation culturelle!

Slav et la liberté d’expression au Québec.

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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