Un Québec policier

La décision du gouvernement Legault d’accorder des télémandats de perquisition aux policiers, en contradiction avec les dispositions de la Charte québécoise des droits et des libertés de la personne, constitue une dérive autoritaire qu’il importe de dénoncer.

La Charte québécoise explicite l’importance du droit à la vie privée et l’inviolabilité de la demeure.  Non seulement les policiers pourront pénétrer dans nos maisons, mais pourront sur-le-champ condamner à des amendes de 1 000 $ les personnes incapables de prouver qu’ils habitent cette adresse. La fin de contrôler la COVID-19, ne justifie pas ce moyen.  Beaucoup trop de pouvoirs sont accordés aux policiers. Des barrages routiers de policiers réduisent la libre circulation des citoyens du Québec d’une région à l’autre en contradiction avec la Charte canadienne des droits et des libertés. (Article 6-1a.)  Les abus de pouvoir, dans pareil contexte, deviennent prévisibles et inévitables. Les droits fondamentaux des Québécois sont bafoués.  Le gouvernement Legault alimente une peur et une angoisse collectives qui minent notre société.  L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Les contrepoids sont les assises de la démocratie.  Au Québec, les médias sont affaiblis par la situation économique, les intellectuels maintiennent un silence inquiétant, l’opposition est muselée par le chantage à la lutte contre la COVID. Le premier ministre Legault règne et les dérives autoritaires se multiplient.  Où sont les défenseurs des droits fondamentaux ? Le Québec dérive vers un régime autoritaire de droite.

Le Pluvier

Alain Clavet

Carrière à Patrimoine canadien, au Commissariat aux langues officielles et aux Archives et Bibliothèque Canada. Conférencier à l'UNESCO-Paris, à l'Internet Society à Washington, à l'Université de la Sorbonne à Paris et à l'Internet Society au Japon. Maîtrise de l'École nationale d'administration publique et M.A en histoire canadienne de l'Université de Sherbrooke.