//Restos au bord du gouffre

Restos au bord du gouffre

Martine Ousset
Chaque jour supplémentaire de fermeture provoque de nouvelles faillites de restaurants à Montréal.

La structure de la restauration chancelle.  Les clients reviendront-ils?  La peur hystérique du contact de l’autre fait des ravages.  Les restaurants et les bistros ont des fonctions sociales, communautaires, agoras essentielles du bien-être et du vivre-ensemble.  Le Québec, fracturé par les familles éclatées, le rejet des aînés et des rêves de liberté, qui se traduisent souvent par la solitude et la précarité, a besoin des cafés, des bistros et des restaurants.

Les hôpitaux pharaoniques et les tours qui percent le ciel, véritables mausolées au culte du pouvoir et de l’argent, doivent être humanisés par le sourire et l’accueil des restaurateurs.  Montréal attire le monde entier par sa joie de vivre, son accueil chaleureux et sa gastronomie.  Or, nous laissons péricliter l’âme de Montréal et les plans de retour à la vie ne mentionnent pas l’ouverture des restaurants, des bistros et des hôtels.

François Meunier de l’Association des restaurateurs du Québec, anticipe des « milliers de faillites » dans le secteur.


Bien sûr les règles sanitaires seront respectées.  Les restaurateurs ont l’habitude de travailler dur. Ils ont l’amour du métier et sauront s’adapter aux nouvelles conditions.  De grâce laissons la vie reprendre ses droits!  La restauration à Montréal est au bord du gouffre et chaque jour est tristement marqué d’un nouveau départ.

 

Martine bénéficie d’une vaste expérience de la restauration dans de nombreuses institutions de prestige de Montréal. Auteur du livre : 100 bonnes tables du midi à Montréal, Martine écrit sur la gastronomie, les voyages et l’art de vivre.

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