//Wolf & Workman, le pub sympa

Wolf & Workman, le pub sympa

Martine Ousset
La restauration dans le Vieux-Montréal se porte bien.  Les beaux et bons endroits font le bonheur des touristes et des Montréalais. Un nouveau pub, et non le moindre, le Pub Wolf & Workman a ouvert ses portes récemment sur la rue Saint-Paul.

Le concept du Groupe Burgundy Lion est dirigé par trois propriétaires associés bien sympathiques, professionnels et passionnés. Le directeur maître d’hôtel Michael McCaffrey, le chef Philippe Camerlain et le sommelier James Hung. Leur équipe, tant en cuisine qu’en salle et au bar est toute aussi dynamique et passionnée. Une promesse de succès !

Je dois dire que mettre les pieds dans ce pub est un plaisir, l’intérieur du local nous raconte une page de la vie de Montréal. Le nom Wolf et Workman a été choisi en souvenir de deux maires anglophones de Montréal, Wolf, le 8è maire et Workman, le 12e.

Un peu d’histoire

Wolfred Nelson est né à Montréal en 1791, fils de William Nelson, de New York, un immigrant colonialiste, originaire de la ville de Newsham, North Yorkshire, Angleterre. Tout comme son frère cadet Robert Nelson, Wolfred est connu comme patriote, ayant participé activement lors de la rébellion du Bas-Canada. Très proche de la population canadienne française, il fait siennes les idées réformistes et devient membre du parti Patriote et s’engage en politique et est élu en 1827 dans la circonscription de William Henry. Avant la rébellion du Bas-Canada en 1837, Nelson est à la tète de 5,000 patriotes à l’Assemblée des six comtés les 23 et 24 octobre, à Saint-Charles, Bas-Canada, afin de protester contre les Résolutions Russel du gouvernement.

Le 16 novembre 1837, Nelson et 25 autres sont inculpés de haute trahison. Le mois suivant, le 4 décembre 1837, Louis-Joseph Papineau et Edmund Bailey O’Callaghan sont au cœur du soulèvement patriote à Saint-Denis et vise à déclarer l’indépendance pour le Bas-Canada. C’est à ce moment que Nelson se serait exclamé:  » Le moment est venu de fondre nos cuillères en boulets. »  Condamné à la pendaison, il est contraint à l’exil aux Bermudes. Il reçoit un pardon et revient à Montréal en 1842. En 1844, il fut élu député de Richelieu et ce jusqu’en 1851. En 1854, il devient maire de Montréal et décède en 1863.

William Workman est né dans un élégant cottage, en mai 1807 à Ballymacash, Co. Antrim en Irlande. Dès son arrivée au Canada, en 1829, il est journaliste au Canadian Courant et au Montreal Advertiser, propriété de son frère Benjamin.  En 1830, il ira travailler avec un autre frère, Thomas, pour la quincaillerie de John Frothingham, située à environ 20 mètres à l’ouest du Pub Wolf & Workman. Workman s’intéresse ensuite à la politique municipale. Il accède facilement à la mairie en 1868. Très populaire, Workman est réélu sans opposition en 1869 et 1870. L’explication tient au fait qu’il a développé une philosophie de la question politique. Il estime qu’une ville comme Montréal peut être gérée tout autant au profit de l’ensemble de ses citoyens que de ses gens d’affaires. (Extrait du site Web du Pub Wolf & Workman.)

Le décor entièrement créé par les propriétaires est un véritable chef-d’œuvre d’élégance, de style et de confort. Le bar à l’entrée est le premier coup de cœur, style anglais cosy, fauteuil confortable, un éclairage plus que parfait, c’est déjà l’un des bars prisés pour les 5 à 7, les lunchs, les fins de soirée, une belle sélection d’alcool, des bières régionales de micro-brasseries.  Une fois par mois, une brasserie est choisie et ses bières servies en exclusivité au 5 à 7. L’ambiance est géniale, car la brasserie arrive avec son équipe et leurs amis. Pour ce qui est des vins d’importations privés, ils sont bien sélectionnés, dont plusieurs bios.


Un des bonheurs de Michael, le chef barman, est de vous séduire avec ces créations de cocktails qui mettent l’accent sur les produits du Québec.  La salle à manger est splendide avec ses meubles anciens, ses lustres magnifiques, ses miroirs antiques, ses petits salons coquins. Les tables sont spacieuses et savamment espacées pour favoriser une certaine intimité et sont dressées avec soin.  La cuisine est le royaume du chef Louis-Philippe et de son équipe.  Les produits locaux sont à l’honneur, tout est fait maison, sauf le pain.  Le chef dépèce lui-même ses viandes.  Les poissons, dont la truite est d’une fraicheur irréprochable.  Au menu, des plats de brasserie anglais, réconfortants et copieux.  Un grand choix de plats savoureux grâce à la passion de Jean-Philippe pour les épices du monde.

La poule au pot, version du chef, ainsi que la truite arc-en-ciel nous ont ravis, et que dire des desserts! Les brunchs du weekend sont déjà courus. Et pour vous faire rêver à l’été, la ravissante terrasse arrière peut accueillir 60 personnes.  Un endroit très sympathique à fréquenter, en solo, en couple ou encore en groupe.

Le pub Wolf & Workman au 139 rue Saint-Paul Ouest,  514-737-1787   info@wolfandworkman.com

https://www.wolfandworkman.com/

Las Olas

Martine bénéficie d’une vaste expérience de la restauration dans de nombreuses institutions de prestige de Montréal. Auteur du livre : 100 bonnes tables du midi à Montréal, Martine écrit sur la gastronomie, les voyages et l’art de vivre.

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