//Les Subversifs, 1e microdistillerie québécoise

Les Subversifs, 1e microdistillerie québécoise

Martine Ousset
Une belle histoire québécoise. Fernando Baltazard et Pascal Gervais, deux amis décident sur un coup de tête d’abandonner leurs métiers respectifs et de se lancer un nouveau défi en créant un gin puis aujourd’hui 3 crèmes de menthe.

Fernando et Pascal mettent sur pied la première microdistillerie québécoise de spiritueux en Montérégie.  Conseillé par Patrice Fortier, de la Société des plantes de Kamouraska, les distilleurs utilisent le panais que l’on trouve facilement dans le Bas-Saint-Laurent et qui est un ingrédient différent de ceux qui entrent qui composent habituellement cet alcool.  De ce légume sucré et peu épicé est né le Pier Henricus, gin de caractère et légèrement épicé, agréable à boire. Le premier gin distillé au Québec. En 2018, l’entreprise se renouvelle et modifie son nom et son image afin de mettre en lumière l’histoire et le patrimoine du Québec ainsi que la personnalité autant créative que subversive de la distillerie.  La microdistillerie Les Subversifs rend hommage à des personnages québécois qui ont renversé l’ordre établi et influencé l’histoire du Québec.  C’est la bien nommée : Les Subversifs.

La microdistillerie a fixé ses pénates dans la magnifique église Marie-Auxiliaire de Sorel-Tracy.  Ce bâtiment patrimonial menacé a ainsi reçu une nouvelle vocation.  Plusieurs objets qui ornaient l’intérieur de l’église, tels le Christ sur la croix et les cloches ont été vendus. Fernando et Pascal ont conservé l’autel, près duquel se trouvent les confessionnaux, les bénitiers et… leur alambic.  C’est dans ce lieu singulier que sont élaborés tous les spiritueux. Au fil des ans, plusieurs spiritueux se sont ajoutés dont une vodka traditionnelle, une liqueur de gin et sirop d’érable et un gin tonic prêt à boire, une liqueur de thé et trois crèmes de menthe. Tous les produits sont identifiés par belles étiquettes qui portent la griffe de l’artiste québécois renommé Marc Séguin.

La microdistillerie Les Subversifs reconnue comme étant à contre-courant en matière de spiritueux annonce l’arrivée d’une nouvelle crème de menthe rose Arthur qui vient compléter son bio de crème de menthe dont les deux autres, une blanche Isabelle et une verte Éva.


La crème de menthe Isabelle a été baptisée du nom d’une jeune métisse, indépendante et libertine née à la fin du 17e siècle.  Isabelle a évolué dans la traite des fourrures (1660-1752).  Femme de caractère et très cultivée, elle devient diplomate et interprète pour les Anglais.  Parlant anglais, huron, algonquin et iroquois, la jeune métisse s’implique activement dans la vie politique des nations autochtones dont elle défend les intérêts.  La crème de menthe Isabelle ne ressemble en rien à la liqueur très sucrée des années 1970.  Cette boisson est le résultat d’un mélange d’alcool neutre et de feuilles de menthe poivrée biologique du Québec dont la force aromatique est envoûtante.  En apéro, en Stinger, ou en digestif avec glaçons ou eau pétillante. La crème de menthe Isabelle, 33,50 $ à la SAQ, 24 degrés d’alcool. 


Éva, la crème de menthe verte, a été baptisée en l’honneur d’Éva Circé-Côté (1871-1949).  Journaliste, poète, dramaturge et cofondatrice du journal littéraire l’Étincelle.  Éva Circé-Côté est aussi à l’origine de la bibliothèque municipale de Montréal.  Elle a agi à titre de conservatrice pendant des années.  Tout au long de sa vie, elle n’a jamais manqué une occasion de défendre les injustices économiques et sociales et de défendre les droits des femmes.  En son honneur, Les Subversifs ont concocté un spiritueux qui affiche une belle couleur naturelle au goût rafraîchissant de la menthe et saveur boréale du thé du Labrador. Ses notes plus piquantes que Isabelle Éva se dégustent de préférence en digestif avec glaçons seul ou avec une eau pétillante.  En dessert, sur la crème glacée à la vanille. Un délice.  La crème de menthe verte Éva, 33,50 $ à la SAQ, 24 degrés d’alcool.

La crème de menthe Arthur rose est la dernière née de la distillerie en hommage à Arthur Petrie (1980-1957) le précurseur de la scène burlesque montréalaise.  Il a été le premier à adapter et à traduire le burlesque américain pour la clientèle francophone de Montréal au début du 20e siècle.  Marié à la célèbre Juliette Petrie et a côtoyé les grands noms de l’univers du burlesque québécois, Olivier Guimond, père, notre Ti-Zoune, Manda Parenteau, Rose Ouellette, oui La Poune et Juliette Béliveau. Un mélange d’eau-de-vie, de grain et de feuilles de menthe biologique.  La crème de menthe Arthur rappelle la dragée blanche de notre enfance la paparmane.  Texture satinée qui enveloppe le palais.  La menthe, le thé des bois et le faux de sucre sont très agréables.  Une menthe pour le digestif avec glaçons.  Excellent ! La crème de menthe Arthur rose, 33,50 $ à la SAQ, 24 degrés d’alcool.

Ces trois crèmes de menthe, surprenantes et délicieuses, sur glaçons ou en dessert avec de la crème glacée seront vivement appréciées lors de vos réceptions de Noël.  Fernando et Pascal ont des projets plein le bénitier.  À suivre…

Les Subversifs, distillerie : https://subversifs.ca/

Le Pois Penché

Martine bénéficie d’une vaste expérience de la restauration dans de nombreuses institutions de prestige de Montréal. Auteur du livre : 100 bonnes tables du midi à Montréal, Martine écrit sur la gastronomie, les voyages et l’art de vivre.

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