//Ringarde l’administration publique?

Ringarde l’administration publique?

Alain Clavet
La bonne administration publique est précieuse et discrète.  Les Québécois pensent peu à son fonctionnement, car justement elle fonctionne bien.

La fonction publique du Québec tire sa force d’un recrutement de ses membres fondé sur la compétence et le mérite.  Notre administration, bien sûr, n’est pas à l’abris des erreurs et du gaspillage et doit constamment s’améliorer et s’adapter aux mouvances sociales et aux nouvelles technologies.  Comparer l’efficacité de notre administration publique à celles des autres pays, c’est se consoler.  Les explosions au port de Beyrouth, le 4 août 2020, illustrent de façon tragique les conséquences du népotisme et de l’incompétence dans l’administration des organisations publiques et parapubliques.

Le Québec s’est doté d’une grande école, l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) afin de former les dirigeants de la fonction publique québécoise d’aujourd’hui et de demain.  Le livre que publie aujourd’hui mon excellent professeur de droit administratif et collègue de l’ÉNAP, Louis Borgeat, illustre parfaitement la complexité de la gestion publique et les expertises requises afin de naviguer dans cet univers afin de livrer des services efficaces et efficients aux citoyens.

Pourquoi, aujourd’hui, faire carrière au service de l’État ? Quels défis la jeunesse peut-elle y trouver ?  Pour répondre à ces questions, Choisir l’administration publique ? 30 lettres pour une jeunesse sceptique…, de Louis Borgeat, dresse un tableau sans complaisance de l’univers qui attend le jeune qui voudrait travailler dans l’administration publique. Tout en mettant en relief les changements survenus depuis le moment où il devenait fonctionnaire en 1973 jusqu’à son départ en 2014, l’auteur livre sa perception des défis auxquels sont désormais confrontés les employés de l’État.

Cet ouvrage expose les principales composantes de l’environnement gouvernemental, situe le rôle des acteurs politiques et administratifs et décrit les contraintes éthiques, juridiques, administratives et budgétaires qui s’imposent dans cet univers. Il met aussi en évidence l’importance et la noblesse de la tâche de serviteur de l’État, aujourd’hui différente à plusieurs égards de ce qu’elle était il y a quelques décennies. Le cheminement à double perspective de l’auteur — celle de praticien et celle d’universitaire — offre un point de vue original sur les sujets abordés. Son expérience pédagogique et son goût de la synthèse rendent accessibles des contenus en apparence techniques et réservés aux initiés.

Sous forme épistolaire, cet essai rassemble une trentaine de lettres destinées à un jeune de la relève, teintées d’humour et ponctuées d’anecdotes personnelles, ce qui donne un ton convivial à l’ouvrage, lequel s’inscrit dans une approche de type mentorat. Choisir l’administration publique ? s’adresse à quiconque cherche à comprendre les rouages de l’appareil gouvernemental et de l’administration publique ou est attentif à ce qui se joue dans la sphère étatique : fonctionnaires en poste ou en devenir, administrateurs publics, personnel politique, étudiants, journalistes, chercheurs et citoyens.

Choisir l’administration publique ? 30 lettres pour une jeunesse sceptique…, Louis Borgeat, Presse de l’Université du Québec, 2020, 239 p.

Juriste de formation, Louis Borgeat est administrateur d’État à la retraite. Il a occupé plusieurs fonctions au gouvernement du Québec, dont celles de sous-ministre et, au moment de son départ à la retraite, de président de l’Office de la protection du consommateur. Il a également travaillé à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) comme professeur de droit administratif et gestionnaire, notamment à l’Observatoire de l’administration publique. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le Traité de droit administratif, coécrit avec René Dussault.

Le Pois Penché

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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