//André Roy, un dur à cuire au coeur tendre

André Roy, un dur à cuire au coeur tendre

Michel Bureau
André Roy a livré plus d’une centaine de bagarres dans sa carrière de joueur de hockey dans le Junior majeur, la East Coast, la ligue Américaine et la ligue Nationale.

Un 151e choix de repêchage en 1994 des Bruins de Boston, il a trimé dur avant d’arriver à la terre promise, et de gagner la Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay en 2004, sous la férule du très exigeant John Tortorella. André, un natif de Saint-Jérôme, a joué dix ans dans la LNH avec les Bruins de Boston, les Sénateurs D’Ottawa, avec lesquels il a connu de bons moments, les Pingouins de Pittsburgh, le Lightning de Tampa Bay, pour finir sa carrière avec les Flames de Calgary.

André Roy a évolué pour plusieurs entraîneurs dans sa carrière, il avait beaucoup de respect pour Pat Burns, mais Jacques Martin fut l’entraîneur qu’il a le plus apprécié. « Jacques était honnête envers ses joueurs ». Il garde cependant un moins bon souvenir de John Tortorella, même si c’est avec lui qu’il a gagné la Coupe Stanley en 2004. « J’ai vécu ce que le jeune Pierre-Luc Dubois a vécu avec lui récemment chez les Blue Jackets de Columbus. Tortorella joue dans la tête du joueur, au point d’insulter le joueur devant ses coéquipiers. Il y a des joueurs qui sont retournés à la maison en pleurant. Il m’a déjà renvoyé chez moi après un exercice, et demandé à ses entraîneurs adjoints de ne pas m’adresser la parole. Tortorella est un coach très sévère. Tom Mc Vie en est un autre avec qui j’ai eu maille à partir, au point d’avoir une sérieuse prise de bec devant mes coéquipiers lors d’une séance d’entraînement. André admet avoir déjà défié un couvre-feu d’équipe, mais jamais lorsque l’équipe était en série d’après saison.

André Roy a tissé des liens au fil des ans avec plusieurs de ses ex-coéquipiers. “L’an dernier, on a fait un zoom avec les anciens joueurs du Lightning, c’était très cool”. Il est toujours en contact avec les Vincent Lecavalier, Brad Richards, et Dan Boyle notamment. André a toujours été reconnu comme un joueur qui n’avait pas froid aux yeux. “Il n’y a pas un entraîneur, pas même Tortorella, qui m’a demandé de donner une correction à un adversaire. L’entraîneur n’avait qu’à me donner une tape dans le dos, et je savais ce que je devais faire. Il y a une certaine forme de respect dans la LNH, ce sont des joueurs de quatrième trio qui en viennent aux coups. Je n’arrivais pas à faire ma sieste l’après-midi d’un match lors que nous devions affronter une équipe qui comptait un dur à cuire dans sa formation.

À chaque fois, j’invitais mon adversaire à jeter les gants, je suis très chanceux de n’avoir gardé aucune séquelle. Il m’est arrivé de voir des points noirs, mais sans plus. « Je ne mange pas à la cuillère”, raconte en riant André Roy, très reconnaissant envers Rick Dudley, dépisteur des Sénateurs D’Ottawa à l’époque, qui a fortement recommandé ses services à Jacques Martin et aux Sénateurs. “J’étais fou de joie lorsque les Sénateurs m’ont contacté. Un beau moment dans ma vie”, souligne André Roy qui a marqué son tout premier but en carrière contre Curtis Joseph et les Maple Leafs de Toronto. Il n’a pas touché des millions $ en carrière. “J’ai gagné une fois un million $ pour un an, un boni de 100,000 $ pour la conquête de la Coupe Stanley en 2004. Je n’ai pas le luxe de jouer au golf à longueur d’année, de m’acheter un yacht, et de me la couler douce comme certains de mes ex-coéquipiers. « Je dois travailler au quotidien pour faire vivre ma famille”. André qui habite à Blainville est père de trois filles, deux vont au collège privé.

Le décès de Paul Buisson

André Roy a perdu un bon chum le 19 avril 2005, une date gravée à jamais dans sa mémoire. “J’avais développé un bon lien d’amitié avec Paul. C’était un bon vivant. Je lui ai donné un coup de fil alors que j’étais sur la patinoire à festoyer avec mes coéquipiers notre conquête de la Coupe Stanley en 2004. Paul devait donner un spectacle avec son groupe de musique Hors Jeu pour mon mariage, malheureusement, il est décédé quelques mois auparavant d’une erreur médicale”. Il a fait en quelque sorte renaître son ami Paul, en co-animant Hors Jeu 2.0 sur les ondes de RDS, l’ancêtre de l’émission de Paul Buisson. “J’ai beaucoup de plaisir à faire Hors Jeu 2.0, on m’a collé une étiquette de bouffon, mais je suis à l’aise dans ce rôle. »

 » J’aimerais un jour être analyste aux matchs de la LNH, pas les matchs du Canadien, mais d’autres matchs sur les ondes de RDS”. André fait aussi des interventions dans le 5 à 7 à RDS avec sa chronique humoristique “Tu me niaises”. J’ai eu la chance de travailler avec André à la description des matchs de L’Armada dans la LHJMQ, et je suis en mesure d’affirmer qu’il tirait son épingle du jeu avec de bonnes interventions. André connaît la game. C’est toujours un plaisir de renouer avec lui, il est assurément un des athlètes les plus sympathiques que j’ai eu la chance de rencontrer dans ma carrière dans la presse parlée et écrite. Et surtout, il ne se prend pas au sérieux !

Le Pois Penché
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