La F1, pour le fils à papa

Il n’y a pas de sport, hormis la Formule Un, qui va permettre à un athlète de pratiquer son sport, d’atteindre les grandes ligues, parce que son père a du fric, c’est malheureusement le cas en F1, semble-t-il. Que ce soit au hockey, au baseball, au football, au tennis, au soccer, c’est le talent qui prime. Le Québécois Lance Stroll n’a eu qu’un podium en 109 départs en Formule Un, je sais qu’une bonne voiture fait une grosse différence, mais quand même un seul podium en plus d’une centaine de départs, c’est très peu à se mettre sous la dent, on ne parle assurément pas ici d’un athlète surdoué.

Je me souviens que Larry Walker était furieux parce que Jacques Villeneuve avait été élu l’athlète canadien de l’année en 1997 devant lui, méritant le trophée Lou Marsh, remis annuellement à l’athlète canadien par excellence au pays. « J’ai été battu par une machine », avait déclaré l’ancien numéro 33 des Expos. Il avait raison jusqu’à un certain point. En 1997 dans l’uniforme des Rockies du Colorado, Walker avait frappé 49 circuits, produit 130 points pour un premier championnat des frappeurs. Il avait récidivé en 1999, sans toutefois remporter le championnat des frappeurs. Cependant, dans le cas Jacques Villeneuve force est d’admettre que c’est son talent, sa détermination, qui a fait de lui un champion du monde en 1997. On se souviendra de cette bataille fort excitante avec Michaël Schumacher. Jacques Villeneuve avait aussi gagné les 500 milles d’indianapolis. Il n’a pas volé son titre d’athlète par excellence, en somme, le trophée aurait dû être attribué conjointement à Larry Walker et Jacques Villeneuve, mais bon. Cela aurait été une première. Les deux athlètes avaient connu des saisons extraordinaires la même année.

Gilles Villeneuve avait gravi les échelons en course automobile avant de séduire Enzo Ferrari. Ce n’est pas parce que le père de Gilles était fortuné que ce dernier a eu l’opportunité de jouer dans la cour des grands, mais à cause de son talent, sa détermination, son audace. Vladimir Guerrero Jr, n’a pas eu sa chance avec les Blue Jays de Toronto parce que son père a été élu au Temple de la renommée du baseball, et qu’il est aujourd’hui indépendant de fortune, mais parce qu’il a du talent, il a lui aussi gravi les échelons dans le baseball mineur avant de faire le grand saut. Guy Lafleur, Mario Lemieux, Wayne Gretzky,  Sidney Crosby, et j’en passe, ne sont pas issus de familles riches, ils ont eux aussi gravi les échelons. Idem pour Lance Stroll, à qui le paternel a donné un gros jouet beaucoup trop rapidement. Il n’a pas rendu service à son fils en agissant de la sorte. Stroll aurait dû faire ses classes en formule Indy car avant de graduer. Nicholas Latifi, l’autre Canadien en Formule Un, vient aussi d’une famille bien nantie. C’est bien beau de blâmer les techniciens, la voiture, mais à un moment donné, il faut que le talent prenne le dessus. L’argent n’achète pas tout, surtout pas le talent.

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Photo principale : Lance Stroll

Las OlasLe Pluvier

Michel Bureau

Le Bureau des Sports