//Yellowknife en hiver, pourquoi pas?

Yellowknife en hiver, pourquoi pas?

Bernard Gauthier
Le froid est glacial. Intense, mais sec. En sortant de l’avion, une épaisse couche d’air arctique m’enveloppe sur le tarmac de l’aéroport. Du jamais ressenti. Direction : aérogare au pas de course.

Capitale des Territoires du Nord-Ouest (TNO), Yellowknife a une population d’environ 22 000 personnes, selon Statistique Canada. C’est tout près de la moitié des TNO. Onze langues officielles, dont l’anglais et le français, y sont reconnues.

Crédit: Bernard Gauthier

Pourquoi visiter Yellowknife un mois de mars, alors que les températures avoisinent les -35c à -45c au mercure? En raison des nombreuses activités sportives, de la nature sauvage, d’un besoin d’aventure dans un environnement polaire et de ses aurores boréales.

« Nous sommes la capitale mondiale des aurores boréales. Il n’y a aucun endroit au monde qui permet de les observer en grande quantité et aussi longtemps qu’ici. La nature est à l’état sauvage, il y a des lacs où l’on peut voir 6 pieds sous l’eau tellement qu’elle est cristalline », explique François Afane, directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest (CDÉTNO).

Crédit : Bernard Gauthier

Jour 1

Au programme : pêche sur glace sur le Grand lac des Esclaves à Yellowknife. Pendant 35 minutes, nous avons circulé à bord d’une fourgonnette équipée de chenillettes à neige afin de pouvoir se rendre à nos cabanes au milieu du lac. Il faisait un froid de canard à l’extérieur des abris. À l’intérieur, c’était agréable. Il fallait dérouler la ligne pendant une centaine de mètres avant de toucher le fond pour taquiner le poisson.

Crédit: Bernard Gauthier

Crédit: Bernard Gauthier

Malheureusement, la chance n’a souri à aucun d’entre nous cette journée-là. Une exception : nos accompagnateurs qui ont fait plutôt usage d’un filet. La prise fut excellente. Ce lac regorge de saumons, de truites grises et de brochets. C’est le 10e plus grand lac au monde.

Prévoyez un budget de 150 $ par personne pour vivre cette expérience. Et si vous recherchez un guide francophone, je vous propose de faire appel à Carlos Gonzalez de Yellowknife Outdoor Adventures. Québécois d’origine, Carlos vous apprendra un tas de choses sur les activités à ne pas manquer dans sa ville qu’il a adoptée 40 ans plus tôt.

Au retour, une visite au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles de Yellowknife est un incontournable. C’est un bijou culturel où l’on peut tout apprendre sur la faune et la flore, l’environnement entourant la toundra et la taïga, ainsi que le parcours de centaines de communautés autochtones sur les TNO.

Je vous suggère fortement d’y consacrer une demi-journée si ces thèmes vous intéressent.

Crédit: Bernard Gauthier

Crédit: Bernard Gauthier

Jour 2

C’est le départ d’une belle aventure en motoneige de retour sur le Grand lac des Esclaves. Pas d’obstacles. Pas de circulation. Nous sommes les seuls à y circuler sur une surface à perte de vue et une neige éblouissante.

Est-ce que la glace est bien gelée ? Pas de soucis. Notre guide nous rassure. La glace atteint au moins 8 pieds de profondeur. Dans les sentiers, nous nous sentons comme des pionniers. Ce n’est pas comme dans le sud où la circulation est plus fréquente. Ici, c’est un grand sentiment de liberté qui nous envahit.

Le temps défile à un rythme trop rapide. Une heure de motoneige coûte 125 $ et ce n’est pas assez. Je ne suis pas motoneigiste, même d’occasion. Mais j’aurais bien fait une heure ou deux de plus tant la beauté des lieux est exceptionnelle.

Crédit: Bernard Gauthier

  Crédit: Bernard Gauthier

De l’autre côté du lac, la visite du château de neige est un incontournable. Le site est la fierté de la communauté et le lieu de rassemblement de celle-ci et d’un bon nombre de touristes. Alors que l’an dernier, les responsables ont dû fermer le château plus vite que prévu en raison de températures plus douces, ce n’était pas le cas cette année lors de notre passage en mars. Jeunes et moins jeunes s’en donnent à cœur joie tout particulièrement dans sa principale glissade, dont la hauteur fait plus d’une dizaine de mètres.

Crédit: Bernard Gauthier

À peine nous venions de compléter une brève visite au château de neige, que des meutes de chiens nous attendent pour partir en excursion de traîneaux. Ils sont impatients dès qu’ils nous aperçoivent. Il faut faire vite. Nous partons en équipe de deux. On m’explique à la hâte l’endroit où je dois appuyer mon pied pour freiner. Le propriétaire m’indique que les chiens savent où tourner le moment venu. Ma collègue s’assoit pendant ce temps dans le traîneau.

Dès que les chiens ont reçu l’autorisation de partir, ils ont cessé d’aboyer et ce fut un silence absolu. Seuls, les pas de course de nos chiens dans la neige étaient perceptibles. Ils étaient heureux et nous aussi. Nous étions en communion avec une nature qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Son immensité unique et sauvage fait des TNO un endroit de prédilection.

Avec la température ambiante et la vitesse des chiens pendant l’excursion, il faut s’assurer d’être bien couvert partout, car le risque d’engelures est élevé. À l’extrémité du lac, les chiens ont tourné d’eux-mêmes à gauche et un arrêt s’imposait pour une prise de photos. Croyez-vous qu’il était facile de retenir une meute qui s’entête à vouloir poursuivre, qui ne comprend pas qu’on veuille s’arrêter pour une prise de photos et faire l’échange de conducteurs ?

Je vous laisse deviner. Encore là, il fallait agir rapidement et faire preuve de prudence avec la pédale de frein. Souvent même avec les deux pieds sur la pédale, je devais mettre tout mon poids pour retenir ces chiens impétueux. Mais bon, ils voulaient courir, dépenser leur énergie et ils ont été récompensés. Au total, notre parcours fut de 11 kilomètres. Pour le choix d’une bonne entreprise, je vous propose de bien vous informer. Il n’y en a pas beaucoup et les meilleurs ne sont pas nécessairement toujours près de Yellowknife.

Crédit: Bernard Gauthier

Crédit: Bernard Gauthier

Yellowknife est reconnue pour sa diversité culturelle. On compte près de 100 nationalités différentes dans cette capitale. Et forcément, cela se reflète dans les établissements : restaurants éthiopiens, asiatiques, européens, bars à sushis et j’en passe. C’est l’embarras du choix. Certes, le coût de la vie est plus élevé, mais l’expérience de goûter de nouveaux mets en vaut le prix. L’ambiance est festive, simple et décontractée.

Crédit: Bernard Gauthier

En soirée, nous nous dirigeons à nouveau vers le Grand lac des Esclaves pour l’observation des aurores boréales. La veille, le ciel était couvert, ce qui n’était pas le cas pour la deuxième soirée. Un ciel dégagé nous a permis de voir les premières formations d’aurores vers les 20h. Plutôt décevant. À peine perceptibles, les formations ressemblaient à des nuages grisâtres. Mais plus l’heure avançait, plus les aurores se multipliaient. Ce soir-là, la couleur dominante était le vert. Il était 23h.

Les aurores dansaient puis disparaissaient avant de réapparaître quelques minutes, voire quelques secondes plus tard. Les aurores sont aussi capricieuses que la météo. Parfois, elles peuvent être très scintillantes ou ternes et se manifester sous une panoplie de couleurs. Néanmoins, l’expérience d’une observation demeure gravée en mémoire pour tous ceux et celles qui en ont été témoins.

Encore là, Yellowknife Outdoor Adventures organise ces soirées d’observation depuis un camp de chasse et pêche. Bien emmitouflé sur le patio du camp, il est facile d’y passer deux ou trois heures. Et entretemps, on peut revenir à l’intérieur pour prendre un café ou autre boisson chaude.

Crédit: Yellowknife Tours

Dans un deuxième article, je raconte mes visites inoubliables de villages autochtones, ce qui nous a conduits à travers la toundra et la taïga en direction de l’Océan arctique. Une expérience qui sort des sentiers battus et que peu ont connue.

CDÉTNO (Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest)  

Centre d’accueil et d’information de Yellowknife

Yellowknife Outdoor Adventures

https://www.youtube.com/watch?v=AvZD5ej1z9s

Carnaval des couleurs 3e édition

Journaliste en radio, télévision et dans plusieurs médias écrits depuis plus de 35 ans, Bernard Gauthier a été rédacteur en chef émérite au Magazine Circuit Industriel (MCI) après avoir occupé les fonctions de rédacteur en chef pendant plus de 10 ans. Chroniqueur touristique à ses heures, il publie un compte-rendu de ses voyages sur le site La Métropole. Bernard Gauthier a parcouru l’Europe, les États-Unis, le Canada, les Caraïbes et quelques pays en Amérique du Sud, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Scandinavie, en Russie et en Asie du Sud-Est dont l’Indonésie (Bali), Singapour et le Vietnam. En 2020, il a parcouru les Territoires du Nord-Ouest canadien jusqu'à Tuktoyaktuk, dernier village accessible par la route face à l'Océan Arctique.

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