Jacques Demers, un homme d’exception

Jacques Demers a été le tout dernier entraîneur-chef du Canadien gagnant de la Coupe Stanley en 1993. Quand le prochain défilé de la Coupe Stanley sur la rue Sainte-Catherine ?
Jacques Demers Jacques Demers
Jacques Demers

Jacques Demers, un homme d’exception

Jacques Demers a été le tout dernier entraîneur-chef du Canadien gagnant de la Coupe Stanley en 1993, et soyons honnête, il faudra être patient, très patient, avant le prochain défilé de la Coupe Stanley sur la rue Sainte-Catherine.

Jacques aura 80 ans le 25 août 2024. En entrevue à l’émission ‘’Conduite Anti-Sportive’’ sur CHOC FM 88.7, son frère Michel Demers s’est rappelé de cette dernière conquête de la Coupe Stanley. ‘’Nous sommes restés confinés dans le Forum jusqu’à cinq heures du matin. Jacques était abasourdi en regardant les images à la télé. Nous devions nous rendre dans un resto italien pour fêter cela, mais la police nous a fortement recommandé de rester à l’intérieur du Forum. On avait l’impression d’être à Beyrouth après un bombardement. Les émeutiers avaient même brisé les fenêtres de l’autobus transportant les joueurs des Kings de Los-Angeles, plusieurs vitres brisées. Après la traditionnelle poignée de main au centre de la patinoire, Jacques a demandé à Wayne Gretzky, un grand monsieur, son bâton. Mon frère a par la suite reçu une offre de 50 000.00$ d’un amateur dans l’ouest canadien pour ce bâton, que Jacques possède toujours’’. 

Michel et Jacques Demers

Michel parle avec beaucoup d’émotion de son frère aîné des épreuves que Jacques a surmonté tout au long de sa carrière, lui qui ne savait ni lire, ni écrire. ‘’Ma mère est décédée alors que je n’avais que deux ans, et quatre ans plus tard c’est mon père qui est mort. Mon frère ne m’a jamais abandonné’’, relate Michel avec des trémolos dans la voix. ‘’ C’est mon oncle Léo et ma tante Blanche qui m’ont élevé, mais Jacques a suivi mon évolution. Lorsque Jacques a fait ses débuts dans le hockey professionnel dans L’AMH avec les Cougars de Chicago, il m’a fait venir dans la ville des vents. J’avais 13 ans, c’était la toute première fois que je prenais l’avion, je m’en souviens comme si c’était hier’’, de souligner Michel qui a deux soeurs Claudette, décédée, et Francine. ‘’Je ne savais pas que mon frère ne pouvait ni lire, ni écrire. Je me souviens qu’une fois, il m’avait demandé de signer un chèque pour lui, car il n’avait pas ses lunettes. Puis à une autre occasion, il s’était perdu en venant chez moi incapable de lire le nom de la rue’’, de faire remarquer Michel Demers. C’est lors du lancement du livre JACQUES DEMERS EN TOUTES LETTRES écrit par Mario Leclerc aux Éditions Stanké que la vérité a éclaté au grand jour.’’

Après le décès de notre père,Jacques a travaillé chez Coke tout comme Jacques Lemaire et André Boudrias d’ailleurs. Dans les années 60, les joueurs devaient avoir un job durant la saison estivale pour s’offrir une vie décente. Puis, il a fait ses débuts comme entraîneur-chef avec Châteauguay dans le Junior B, c’est Monsieur Dumouchel qui lui a donné cette opportunité, il a été un père pour Jacques. M. Dumouchel était propriétaire d’un gros restaurant à Châteauguay, c’est lui qui a convaincu Jacques de tenter sa chance chez les pros. M.Dumouchel connaissait Marcel Pronovost qui avait un pouvoir décisionnel avec les Cougars de Chicago, puis il a dirigé plusieurs équipes dans L’AMH, dont les Nordiques, avant de se retrouver avec les Blues de St-Louis et les Red Wings de Détroit avec lesquels il a connu beaucoup de succès.

Le prof Caron à St-Louis, et le propriétaire des Red Wings, Mike Ilitch, avaient beaucoup de respect pour Jacques, il a été bien traité par ses deux organisations. D’ailleurs, M. Ilitch avait la larme à l’œil lorsqu’il a congédié Jacques. Les Red Wings n’étaient qu’à deux joueurs prêts d’aspirer aux grands honneurs, deux ans plus tard les Wings ont collé trois Coupes Stanley consécutives avec la filière russe notamment. À Détroit, Jacques a touché de bons salaires 400000 $ par année, et un boni de 200000 $ à la signature de l’entente. Certains joueurs des Wings voulaient la tête de Jacques à Détroit, et M. Ilitch n’a pas eu le choix de le congédier. Mais deux ans après le congédiement de Jacques, le grand Serge Savard lui a offert un contrat de trois ans à 850000 $ par année avec le tricolore, et dès sa première année à la tête du Canadien, il a gagné la Coupe Stanley, la dernière dans l’histoire du tricolore’’, fait remarquer le sympathique Michel Demers.

Un film sur l’histoire de Jacques Demers

Le livre sur l’histoire de Jacques Demers a été un best seller, nul doute qu’un film serait aussi un succès au box office. Des producteurs ont rencontré Michel, récemment, mais ils n’ont toujours pas de financement pour mener à bien ce projet. ‘’C’est compliqué de trouver du financement au Québec pour un film’’, raconte Michel. Au pays de l’oncle Sam, il y a longtemps qu’une telle histoire inspirante aurait été portée au grand écran. Michel représente Jacques Demers dans plusieurs événements comme notamment lors des funérailles de Guy Lafleur à l’invitation de Chantal Machabée, qui prend très souvent des nouvelles de Jacques qui est dans un CHSLD dans l’ouest de l’île, paralysé du côté droit, il a perdu l’usage de la parole après deux ACV.

Denis Savard et Michel Therrien font aussi occasionnellement des  facetime avec Jacques. ‘’Il a fait carrière avec la parole, alors c’est très difficile pour lui, mais il me reconnaît chaque fois que je vais le voir, une fois par semaine”, la conjointe de Jacques, Debbie, habite toujours à Saint-Lazare mais dans une plus petite maison. Il n’y a pas d’aréna, ni même une rue qui porte le nom de Jacques Demers, pathétique.

PRIMEUR: Retour de Jean Pascal dans le ring en novembre 2024, plus de détails vendredi 31 mai 2024 dans le cadre de l’émission CONDUITE ANTI-SPORTIVE sur les ondes de CHOC FM 88.7. Vous pouvez également entendre mes commentaires sur le baseball les jeudis à 16h15 sur les ondes de CKAJ 92.5, dans le cadre de l’émission ‘’Dans le vestiaire avec Michel Thiffault et Dominic Bolduc ! »

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