//Calder, un inventeur radical

Calder, un inventeur radical

Pierre Ranjard

Pour sa rentrée culturelle, le Musée des beaux-arts de Montréal fait une nouvelle fois mouche avec la rétrospective qu’il consacre à Alexander Calder (1898-1976), maître incontournable de l’art abstrait en mouvement et artiste de génie, dont les mobiles sont célèbres dans le monde entier.

Le choix d’organiser une telle exposition était particulièrement judicieux pour Montréal dans la mesure où nous avons la chance de pouvoir apprécier la sculpture monumentale, Trois Disques, réalisée par l’artiste à l’occasion d’Expo 67, qui trône majestueusement au parc Jean Drapeau (aujourd’hui en travaux de rénovation). Cette rétrospective se visite, donc, comme une évidence culturelle pour tous les amoureux de la ville.

Et tout y est ! Une scénographie d’une belle sobriété qui met en valeur les œuvres d’une façon exceptionnelle, un choix de pièces judicieux et éclectique ainsi qu’une excellente pédagogie.
Conçue de façon chronologique, la visite nous permet d’appréhender le cheminement artistique de Calder avec aisance, pour le seul plaisir des yeux si telle est notre envie. La salle dédiée aux mobiles est tout simplement magnifique. La scénographie et la mise en lumière de l’espace sont au service de l’émerveillement devant la légèreté, l’ingéniosité et la beauté des œuvres de l’artiste.

Quel plaisir, aussi, de découvrir la salle consacrée à son enfance, celle dédiée aux « œuvres cirques » et les magnifiques bijoux qui font de Calder un artiste abstrait accessible aux grands et aux petits. Une mention particulière pour le travail pédagogique des conservateurs de l’exposition. Ils nous confirment, une fois de plus, avec un talent rare, que l’art peut être apprécié et compris par tous, connaisseurs ou néophytes. Les cartels sont écrits dans un langage simple sans être abscons ou trop intellectuel, chose très difficile lorsqu’il s’agit d’art abstrait.

On pourra seulement regretter que « Trois Disques » n’ai pas fait l’objet d’une approche plus audacieuse en proposant le parti-pris du lien culturel qui a uni, pendant 14 ans, la sculpture de Calder et le Piknic Électronik, reconnu mondialement comme un événement majeur de la culture musicale techno. Revendiquer une telle fusion culturelle, de la part du MBAM, aurait été symboliquement fort et certainement en phase avec l’esprit de Calder. Il n’en demeure pas moins que, Alexander Calder, un inventeur radical, est une superbe exposition qu’il ne faut pas hésiter à aller voir en famille.

Alexander Calder, un inventeur radical, au MBAM, jusqu’au 24 février 2019
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