The French Dispatch

The French Dispatch, critique de films

Après s’être inspiré de la vie du commandant Cousteau (The Life Aquatic with Steve Zissou) en 2004, le réalisateur Wes Anderson retourne en France pour nous narrer quelques histoires qui se déroulent entre 1950 et 1970. Histoires fictives et débridées qui s’inspirent d’un magazine semblable dans sa forme au New Yorker. De longs articles rédigés de main de maître par une équipe de reporters aussi fantasques que doués. Plutôt que d’être une antenne locale du New York Times (comme le New Yorker), ce journal est installé dans le village fictif d’Ennuis-sur-Blasé, comme l’antenne d’un journal du Midwest américain. Un village qui prend la forme d’une minuscule bourgade ou d’une mégapole suivant les besoins des histoires.

Ces histoires sont au nombre de trois. Cette ultime édition du « The French Dispatch » ne comptant que trois articles marquants du passé, une rubrique touristique et la nécrologie du rédacteur en chef (dernières volontés de ce dernier). Une série de tableaux dépeints dans les tons pastel ou noir et blanc, dans une poétique visuelle chère au réalisateur. Le spectateur est entraîné dans une visite des lieux sordides par un commentateur culturel à vélo (Owen Wilson). Puis nous nous retrouvons dans une prison ou un génie autodidacte et autodestructeur donne naissance à l’art abstrait. L’histoire de meneur de la révolte étudiante de mai 68 suit. La dernière histoire débute comme un reportage culinaire et se termine en polar enlevant.

Une cascade de références

Le film s’amorce sur une scène hommage à Jacques Tati.

Mon oncle (1958)

Très drôle le discours sur l’avatar du chanteur (Tip Top) et son œuvre dans cette fiction.

Christophe et son tube son Aline (1966)

Le lieu de tournage, Angoulême (site d’un célèbre festival de bande dessinée), inspire probablement la poursuite en voiture dans la ville sous forme de dessin animé. Les emprunts à la nouvelle vague sont aussi fréquents que savoureux. La prison et ses nombreux artistes peuvent aussi ressembler un peu au Bateau-lavoir, célèbre bâtiment qui abritait de nombreux peintres au début du 20e siècle. Les occasions de sourires ne manquent pas.

Un casting impressionnant

Des stars à profusion, Américaine, Anglaise et Française. Un régal d’interprétation.

Benicio del Toro, Adrien Brody, Tilda Swinton, Léa Seydoux, Frances McDormand, Timothée Chalamet, Bill Murray, Owen Wilson, Christoph Waltz, Mathieu Amalric Liev Schreiber, Elisabeth Moss, Edward Norton, Willem Dafoe, Saoirse Ronan, Cécile de France, Guillaume Gallienne, Anjelica Huston… Pour ceux qui aiment le journalisme et le New Yorker, pour ceux qui aiment la France et son cinéma, pour ceux qui aiment l’univers de Wes Anderson, c’est un film à voir. Vu en version originale sous-titrée en français, idéal pour bien apprécier cette œuvre.

Mains LibresJGA

Raymond Carpentier

Anthropologue de formation, spécialisé en archéologie, Raymond Carpentier travaille dans le milieu des nouveaux médias et de l’internet depuis des décennies. Passionné de cinéma, de technologies, de cuisine, d’histoires, de sciences, de santé, de nutrition, de musique, c’est un touche-à-tout.