//Nemaska doit dire non à la vente de ses actifs

Nemaska doit dire non à la vente de ses actifs

Alain Clavet
Nemaska Lithium, NMX à la bourse de Toronto, est depuis décembre 2019 sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). À la suite de dépassements de coûts importants, Nemaska doit procéder à une restructuration financière afin de favoriser de meilleures conditions d’investissements. Nemaska n’est pas en faillite, mais en restructuration. Le 10 juillet 2020, des offres qualifiées de repreneurs seront déposées au conseil d’administration de Nemaska. Certaines offres seront pour l’achat des actifs et d’autres pour la relance de Nemaska Lithium.

Assisterons-nous de nouveau à la perte de contrôle, voire au démantèlement, d’un autre fleuron économique québécois de calibre mondial ? Assise sur le deuxième plus grand gisement de lithium au monde, la mine Whabouchi située à la Baie James et son usine de raffinage par procédé électrochimique de Shawinigan produisent un sel de lithium de grande qualité, essentiel à la fabrication des batteries des voitures électriques performantes de demain. Le gouvernement du premier ministre François Legault vise le développement économique du Québec notamment par son ambitieux Plan d’électrification du Québec. Ce Plan inclut un projet de batteries fabriquées au Québec.

Dans ce contexte, il est inconcevable que Nemaska vende ses actifs plutôt que de restructurer son financement et d’accroître son capital. Cette entreprise constitue une contribution essentielle non seulement au développement économique du Québec et du Canada, mais aussi à la promotion de la qualité de l’environnement par le transport électrique. Investissement Québec est un partenaire important de Nemaska, par le biais d’uninvestissement de 80 millions $. La vente des actifs ferait perdre définitivement cet investissement aux contribuables québécois, ainsi que celui de 25,000 actionnaires qui ont investi leurs économies, et parfois leurs fonds de pension, dans ce projet d’avenir. Soyons clairs : la vente de Nemaska à un tiers ferait perdre le Québec sur deux tableaux : par la perte collective du 80 millions$ investi par Investissement Québec, et en laissant tomber les dizaines de milliers d’investisseurs québécois qui y ont injecté des dizaines de millions en croyant à notre économie nationale.

Les engagements publics étaient pourtant formels.  Le ministre Pierre Fitzgibbon déclarait au journal Le Nouvelliste le 19 octobre 2019 : « Nemaska, on va la sauver. » Ces déclarations et celles du conseil d’administration de Nemaska brossaient un tableau très positif de l’importance d’investir au Québec dans nos richesses naturelles et en utilisant nos forces hydroélectriques pour la transformation du spodumène en sels de grande pureté pour le marché mondial.

Récemment, le ministre Fitzgibbon déclarait possible que le gouvernement réinvestisse de 200 à 300 millions $ de l’argent des Québécois dans Nemaska. Nous croyons tout autant à la réussite de ce projet mais nous demandons à ce que tout nouvel investissement de l’État soit conditionnel à la protection des milliers d’actionnaires québécois et donc au retour en bourse de Nemaska.

Plus de 25,000 Québécois et Canadiens ont cru à cette vision et ont investi dans la future économie verte du Québec. Comment ce magnifique projet peut aujourd’hui être menacé d’une vente de ses actifs ? Nemaska n’est pas en faillite et possède une liquidité de plus de 50 millions $. La valeur nette actualisée de Nemaska est de 3,1 millards $. La valeur de ses actifs est aussi très importante : les brevets, tous les permis, la capacité de production pour plus de 33 ans, sa capacité démontrée de produire des sels de lithium de grande qualité, les bâtiments et finalement les installations, équipements et l’expertise accumulée. La valeur des actifs de Nemaska dépasse les passifs d’environ 200 millions$. Comment peut-il être concevable que Nemaska ne poursuive pas son développement grâce à l’appui des fonds privés et publics ?

Le Regroupement des actionnaires de Nemaska (RAN), que je préside, représente 2,600 actionnaires et 140 millions d’actions NMX sur la bourse de Toronto. Le RAN demande à Nemaska, au gouvernement du Québec et à Investissement Québec de relancer et de permettre le retour de cette compagnie sur la bourse de Toronto (NMX sur TSX). Restructurée et recapitalisée d’environ 1 milliard $, Nemaska pourra devenir un projet-phare d’un développement économique durable favorable à la qualité de l’environnement. 

Le Québec et Nemaska se trouvent à la croisée des chemins et doivent faire le bon choix stratégique pour l’avenir de Nemaska. Le retour de Nemaska à la bourse de Toronto permettra de conserver notre capacité d’attirer des capitaux étrangers, d’encourager les Québécois à investir dans le développement économique par l’achat d’actions dans nos entreprises. Il faut briser le cycle des promesses brisées qui incitent à investir chez nous puis laissent tomber les actionnaires dans le contexte d’une restructuration financière à la suite d’un dépassement de coûts. Une société se bâtit sur la confiance et la transparence.

nmxinvestorsgroup@gmail.com
Facebook: Nemaska Lithium Investors Group
Regroupement des actionnaires de Nemaska
Site Web :
http://nmx.zone
(905) 367-8419
http://lametropole.com/don/

Las Olas

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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