//Emplois : Québec 4, France 2

Emplois : Québec 4, France 2

Alain Clavet

Florian Vidal, Collaboration spéciale, LaMetropole.com.

Je suis un expatrié français et cela fait quatre mois que j’ai entamé une nouvelle vie au Québec. J’ai apporté avec moi quelques bagages. Dans ma valise, j’ai une licence et un master dans le Management des organisations sportives. Ah quoi ça sert ? Espérer entrer en fonction dans une organisation sportive et l’événementiel, comme coordonnateur, ou chef de projet. Cela tombe bien, Montréal dispose d’une intéressante pluralité sportive. La ville offre le soccer, le vélo et le tennis, d’un côté, le hockey et le football, de l’autre.  Voilà une belle occasion pour exporter un savoir-faire français. Il s’avère cependant difficile d’entrer dans ce circuit.

En revanche, il y a beaucoup d’offres de stages de plusieurs mois, mais bien souvent non rénumérés. En France, par contre, pour un stage de plus de deux mois, l’employeur doit rétribuer son stagiaire, Québec 0 1 France. Je comprends pourquoi les étudiants cumulent au Québec plusieurs petits boulots. Ne répondant pas toujours aux critères demandés, il a fallu que je change mon fusil d’épaule et me concentrer sur dautres options. J’ai ainsi trouvé refuge dans la restauration. Après quelques emplois de serveur, je suis surpris de voir la simplicité de l’accès à cet emploi : juste un accord verbal, un essai sur le terrain, suivi d’un « à demain! », Québec 1 1 France.  Il suffit cependant d’une absence sur l’horaire prévu ou d’un sms pour se voir accorder un licenciement sans remerciement, ni poignée de main. Est-ce une façon plus américaine de procéder ? Sans explications? J’ai l’impression d’être un pion qui ne mérite aucune considération ou civilités. Le prix à payer pour cet essai dans la restauration, Québec 1 2 France. Mais l’avantage, tout le monde a sa chance et peut trouver une autre occasion, à condition d’être motivé. Je troque le service aux tables pour le stylo et je m’exerce dans un style nouveau. Aussi va le dicton : « Un travail de perdu, dix de retrouvés ? », Québec 2 – 2 France.

Je découvre la culture du pourboire à Montréal : 15, 18 ou 20 % de l’addition, des montants qui peuvent doubler la rémunération, Québec 3 2 France. Ce qui est bien différent du pourboire français qui reste à l’appréciation du client et de son portefeuille, trop souvent aussi peu garni qu’un arbre en automne. J’ai également remarqué une forte présence syndicale. Le fait d’obtenir des avantages par rapport à l’ancienneté, comme le fait de prioriser les évolutions de carrières comme stagiaire, est un bon moyen de conserver ses employés et de les fidéliser, Québec 4- 2 France. En revanche, l’intégration et l’évolution de carrière peuvent être très longues, s’il n’y a pas de rotations des effectifs. Aussi, les nouveaux arrivants sont forcés d’accepter les horaires non désirés, laissés par les collègues les plus anciens. C’est le « bizutage » des nouveaux. Faut-il obligatoirement gravir tous les échelons avant de trouver une bonne position ? La restauration, j’ai fini par l’abandonner, mais au moins, j’aurai essayée.

Montréal montre qu’il est possible de tenter sa chance dans une autre voie professionnelle et d’entrevoir la possibilité d’une réorientation de carrière et ce, plus facilement qu’en France. Il y a une accessibilité plus simple et l’accent est davantage mis sur la capacité d’une personne à développer son potentiel, et ce,  même dans un secteur qu’il ne connaît pas. Le pays hexagonal accorde plutôt une importance aux diplômes obtenus, dans le contexte où l’expérience acquise s’inscrit, par ailleurs, dans un plan de carrière logique. En France, il y a donc moins de place à l’erreur et peu de possibilités pour développer de nouvelles expériences et compétences professionnelles.  Québec et la France, le résultat de notre expérience : Québec 4, France 2.  Quand on se compare, on se console ! 

Emploi : Québec 4, France 2

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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