//Dulude. Communiquer pour survivre.

Dulude. Communiquer pour survivre.

Alain Clavet
Dans notre monde complexe axé sur la performance, qui engendre l’anxiété, la dépression et la victimisation collective,  il importe de lire et méditer Je suis un chercheur d’or. Les mécanismes de la communication et des relations humaines de Guillaume Dulude, livre important fondé sur des recherches récentes en neuropsychologie.

Guillaume Dulude explique comment les interactions humaines influencent l’énergie disponible ; quelles stratégies de communication sont reliées à la capacité d’augmenter l’énergie ; et comment le cerveau est capable de contrôler cette énergie. «  (…) l’isolement, le manque de connexions sociales de qualité et le sentiment de solitude sont générateurs de maladies et de détresse. » (P. 233)  Le cerveau analyse les écarts d’information reçus des yeux et de la bouche.  Notre période à la bouche cachée est anxiogène, par définition. La bouche et le visage cachés empêchent le cerveau de recueillir les informations indispensables pour interpréter l’autre.  Cette absence d’information est interprétée comme une menace et génère de l’anxiété.  « Comment pouvons-nous espérer être capable de survivre dans une société extrêmement exigeante à tout point de vue, tant sur le plan personnel que professionnel, sans avoir les connaissances et la conscience nécessaires pour utiliser notre cerveau et nos émotions de façon adéquate ? » (P. 325)  « L’écoute ne porte plus sur les mots, mais sur l’énergie et le mouvement. Inévitablement, cela fait naître une forme d’empathie, laquelle accélère l’accès au sens. » (P. 556)

La conscience dynamique, afin d’éviter les mécanismes d’évitement de communication. Risquer un niveau adéquat de vulnérabilité afin de faire un véritable lien, être à l’écoute et réussir à refléter le sens ce que l’autre a dit. Les pièges à éviter, exprimer : une opinion, une question, une hypothèse, un résumé, une interprétation, finalement, une déduction. À notre époque de distractions multiples, la saisie du sens de la communication exige une concentration soutenue sur l’échange afin de lire les informations des yeux, du visage, de la bouche, des mots et du corps. Dans ce contexte, que dire des communications virtuelles ? Du haut de nos montagnes, nous tambourinons un flot de courriels, messages Facebook, gazouillis, à des ombres absentes. Ces engagements et des vulnérabilités factices se dirigent vers des êtres absents.  Les échos confus et tardifs reçus ne répondent à aucun critère d’une véritable communication. Ces outils, dits sociaux, contribuent à la solitude d’un monde anxieux alimenté de verbiages narcissiques. À défaut d’efforts à la rencontre de l’autre, maintenant difficiles dans notre univers « covidien », des communications téléphoniques ou mieux, ZOOM avec le visage de l’autre, permettraient de sauver l’essentiel.

Les résultats des recherches de Guillaume Dulude ont été mis à l’épreuve dans des situations réelles et extrêmes auprès de tribus vivant de manière traditionnelle.  Sa théorie de la conscience dynamique définit des outils pour interagir de la manière la plus positive possible. « Écouter, établir des relations fortes et positives, utiliser des émotions, créer du sens, accéder à l’énergie humaine : la conscience dynamique exige l’implication totale de l’individu. » (4e de couverture.)

Guillaume Dulude, docteur en neuropsychologie, est l’animateur de l’émission documentaire Tribal, diffusée sur TV5.

https://www.tv5unis.ca/tribal

Présentation de Guillaume Dulude sur Tribal :

 

Dans le contexte d'une carrière au gouvernement du Canada dans les secteurs de la francophonie, des langues officielles et de la culture, j'ai eu l'occasion de donner des conférences à l'UNESCO et l'Internet Society à Washington, à Paris et au Japon. Mes études m'ont aussi permis d'obtenir des maîtrises en administration publique et en histoire canadienne.

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