//Peu de Québécois dans les Canadiens de Montréal

Peu de Québécois dans les Canadiens de Montréal

Michel Bureau
Le Canadien connaît un début de saison remarquable, cependant, il n’y a jamais eu si peu de Québécois au sein de la formation.

Faut-il rappeler que la dernière fois que le tricolore a gagné la Coupe Stanley en 1993, l’équipe comptait 14 francophones ? Il y a deux Québécois dans l’édition 2020-2021 du Canadien, Jonathan Drouin et Philippe Danault, un non-sens. Certains joueurs chez le Canadien ne démontrent aucun intérêt pour la langue de Molière, c’est le cas notamment du gardien étoile Carey Price qui évolue pour le Canadien depuis déjà 14 ans. Même pas capable de faire un petit effort pour s’adresser aux partisans francophones de l’équipe, c’est un manque de respect flagrant. Paul McCartney avait charmé tout le Québec en s’adressant à la foule en français lors du 400e anniversaire de la ville de Québec. Rusty Staub et Gary Carter, deux des plus grandes vedettes dans l’histoire des Expos, des athlètes intelligents et respectueux, s’adressaient aux partisans des Expos en français. Et pourtant c’était des Américains. Pourquoi le Canadien n’offrirait pas à ses joueurs de suivre des cours de français, ne serait-ce que par respect pour une grande partie de sa clientèle ?

Le directeur général du Canadien Marc Bergevin est francophone,  l’un des adjoints de Claude Julien derrière le banc, Dominic Ducharme, est francophone, l’entraîneur-chef du tricolore est un franco-ontarien, Joël Bouchard l’entraîneur-chef du Rocket de Laval, club école du Canadien, est aussi un francophone. Alors pourquoi le club de hockey Canadien ne fait pas d’un Québécois à talent égal une priorité dans son équipe. Serait-ce que le Canadien ne veut pas trop de Québécois dans son équipe ? Il est permis de se poser la question. Maurice Richard a été plusieurs années sans mettre les pieds au Forum de Montréal, il en avait gros sur le cœur contre la direction. C’est Ronald Corey, alors président du Canadien, qui a convaincu le Rocket de revenir dans l’entourage de l’équipe. C’est aussi Ronald Corey qui a fondé le salon des anciens. Guy Lafleur n’a pas été traité avec tout le respect qu’il méritait, tout comme Patrick Roy d’ailleurs.

Philippe Danault

La fleur de lys, emblème du Québec, n’apparaît nulle part dans le centre Bell ou encore sur l’uniforme de l’équipe. Faut-il en déduire que les Québécois au sein de l’organisation sont des gens soumis ? Joël Bouchard alors qu’il était entraîneur-chef de L’Armada dans la LHJMQ (Ligue hockey Junior Majeur du Québec) s’adressait à ses joueurs dans le vestiaire uniquement en anglais, et pourtant plus de la moitié des joueurs étaient francophones. Ce n’est pas normal et logique que L’Avalanche du Colorado compte plus de Québécois au sein de sa formation que le Canadien de Montréal, il en va de même pour d’autres formations dans la LNH. À titre de comparaison, les Alouettes de Montréal comptent 12 francophones dans l’édition 2020-2021, le Club de foot de Montréal, pourtant la propriété d’un fédéraliste notoire en Joey Saputo, a six francophones dans son équipe, et portait la fleur de lys sur son chandail l’an dernier. Alors qu’attend le Canadien pour démontrer ses couleurs ? Parce que le hockey est notre sport national et beaucoup de nous dans le club de hockey Canadien.

Jonathan Drouin

Photo principale :  Jonathan Drouin

JGA
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