//Le Québec, rampe de lancement pour les athlètes de couleur

Le Québec, rampe de lancement pour les athlètes de couleur

Michel Bureau
Le mois de février est le mois des noirs. Pour plusieurs athlètes de couleur, le Québec aura été une terre d’accueil extraordinaire. Le début d’un temps nouveau.

Le premier nom qui me vient à l’esprit Jackie Robinson, le premier noir dans le baseball majeur. Jackie Robinson a joué une seule saison à Montréal en 1946 avec les Royaux de Montréal, club-école des Dodgers de Brooklyn dans le baseball majeur. Il a eu droit à un traitement royal à Montréal. Il habitait sur l’avenue de Gaspé, plus précisément au 8232 dans le quartier Villeray. Le quartier qui a vu naître notamment le célèbre gérant d’artiste René Angelil. Après chaque victoire des Royaux, Jackie Robinson avait droit à un accueil chaleureux dans son quartier. On l’a même porté en triomphe après la conquête du championnat des Royaux en 1946. Pour commémorer son court, mais combien important séjour dans la grande Métropole, on a posé une plaque sur la maison au 8232 De Gaspé. Il y a également une statue devant le stade olympique en son honneur.

Jackie Robinson a dû surmonter plusieurs obstacles à son arrivée à Brooklyn. Son casier dans le vestiaire était à part des autres, il prenait sa douche tout seul. Branch Rickey, le propriétaire des Dodgers, avait rencontré Jackie Robinson, il lui avait dit que ce ne serait pas facile, qu’il devait avoir un caractère à toute épreuve qu’il serait hué, insulté, victime d’injures dans tous les stades, dans toutes les villes. Le film 42 Jackie Robinson mettant en vedette Chadwick Boseman, et Harrison Ford dans le rôle du propriétaire des Dodgers, est un chef d’œuvre démontrant la force de caractère exceptionnelle de Jackie Robinson. Le numéro 42 est retiré par toutes les équipes du baseball majeur depuis 2004, témoignant de la grandeur de l’homme, de l’athlète, il a ouvert la porte aux gens de couleur dans tous les sports. Le 15 avril, c’est le « Jackie Robinson day » tous les joueurs dans le baseball majeur arborent le numéro 42 sur leur uniforme. Jackie Robinson est né en pleine pandémie de la grippe espagnole qui a fait 55 millions de morts. Il a été membre de l’équipe d’étoiles en 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, et 1954. Le joueur par excellence dans le baseball majeur en 1949. Il a été élu au Temple de la renommée du baseball en 1962. Robinson a conservé une moyenne à vie de 311 avec 137 circuits et 734 points produits, et conduit les Dodgers à plusieurs championnats. Jackie Robinson est décédé à l’âge de 53 ans. Son épouse Rachelle, toujours vivante, garde un excellent souvenir de son séjour à Montréal. Pour les Robinson, Montréal et le Québec furent une terre d’accueil formidable !

Montréal fut également une terre d’accueil pour Felipe Alou, premier gérant natif de la République dominicaine dans l’histoire du baseball majeur, qui a connu beaucoup de succès à la tête des Expos, ce fut également le cas pour le lanceur Pedro Martinez dont la carrière n’allait nulle part avant son arrivée avec les Expos. Le 45 est devenu un lanceur dominant, intimidant, sous la férule de Felipe Alou. Après une carrière prolifique dans l’uniforme des Expos, il a gagné la Série mondiale avec les Red Sox de Boston. Il a toujours reconnu que c’est à Montréal que sa carrière a véritablement pris son envol. Malheureusement, les Expos n’avaient pas les moyens de le garder au sein de la formation, comme ce fut le cas pour plusieurs excellents joueurs qui ont évolué à Montréal. Pour Vladimir Guerrero, Montréal fut aussi une rampe de lancement. C’est à Montréal qu’il a grandi comme athlète et comme homme. À la boxe, trois athlètes noirs ; Joachim Alcine, Jean Pascal et Adonis Stevenson, les deux derniers ne furent pas nécessairement des exemples de vertu, mais ils ont gagné la faveur populaire à Montréal et au Québec, le respect des partisans, les trois sont devenus champions du monde. Et en aucun cas, ils n’ont osé dire que les amateurs de sport au Québec étaient racistes. Les amateurs de sport au Québec ne sont pas racistes, ils en ont fait la démonstration à plus d’une occasion.

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