//La Sardaigne en trois jours

La Sardaigne en trois jours

JOUR 1 

Nous sommes arrivés à Cagliari, la capitale de la Sardaigne, le 19 mars vers midi, pour un voyage de 3 jours.  La Sardaigne, qu’on appelle Sardegna en Italien et Sardigna en Sarde, s’étend sur 24,000 km2. C’est la deuxième plus grande île de la Méditerranée, après la Sicile. Quoiqu’elle connaisse une baisse de la natalité, avec son million six cent mille habitants elle est quand même assez densément peuplée. La Sardaigne éveille l’attention des scientifiques parce qu’elle a un nombre important d’hommes super-centenaires en bonne santé, qui ont 110 ans et plus. Ailleurs, ce sont plutôt les femmes qui atteignent ces grands âges.

Nous étions au T Hotel, le plus grand et le plus moderne de Cagliari. Conscients que nous avions un programme chargé à partir du lendemain, je me précipitai à la réception pour m’informer sur la meilleure façon de découvrir la ville. Je rencontrai Anne Genest, une autre déléguée, qui s’informait également. Ni tour de ville, ni bus à double-étage n’étaient en service l’hiver. On nous donna un plan et de bonnes indications pour faire la visite à pied. C’était en vérité la plus intéressante façon de découvrir la ville. Personne ne se joignit à nous: trop fatigués, trop occupés à envoyer des courriels ou à en recevoir. C’est la vie moderne! On va au bout du monde, on fait des rencontres professionnelles, on revient, on n’a pas le temps de rien voir.

Cagliari a une population de 154,000, mais on dit que la grande agglomération métropolitaine atteint 430,000 habitants. Son revenu est comparable à celui des villes du nord de l’Italie. Elle possède un des plus grands ports de la Méditerranée et un aéroport international. Tout le monde parle italien, mais les Sardes parlent plutôt le sarde entre eux. Il y a aussi une multitude de dialectes régionaux car la Sardaigne, qui est située entre l’Italie continentale et l’Espagne, la côte africaine et la France, a été visitée et conquise par plusieurs peuples au cours de son histoire et ils y ont laissé leur marque. Les Sardes sont beaux. Jeunes et vieux, ils ont des visages harmonieux. Les jeunes femmes sont simplement superbes! Le peuple Sarde est ouvert, accueillant et très généreux. Tu rencontres un Sarde et une heure plus tard, tu te sens son frère.

Cagliari est un mélange d’ancien et de moderne. Nous avons volontairement commencé notre visite par la ville ancienne, en traversant le quartier de Villanova par la via St Giovanni.

roger sardaigne 12Les petites rues sont riantes et colorées, les fenêtres et les balcons remplis de fleurs. En arrivant à l’avenue Régina Élena, on tombe sur la muraille monumentale du Quartier du Castello et le belvédère du Bastione di San Remy.

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Des travaux de restauration en cours nous forcèrent à faire un détour pour gagner l’esplanade, d’où la vue sur la mer, les collines environnantes et les différents quartiers de la ville, est imprenable.

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Nous explorâmes la citadelle du quartier du Castello, par des rues étroites et tortueuses pleines de charme, où le temps s’était arrêté à l’époque de la conquête des Aragonais, et plus tard des Espagnols qui y sont restés quatre siècles.

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Il semble que les femmes espagnoles étaient très du goût des Sardes. Pour protéger leurs épouses et leurs filles, les seigneurs espagnols avaient décrété que les Sardes devaient se trouver hors de la citadelle à la fermeture des portes, qui se faisait à 19 heures. Ceux qui étaient pris après, étaient jetés par-dessus les murailles. Étant donné la hauteur des remparts, dans le meilleur des cas, ils se cassaient les jambes. C’était mal connaître les Sardes, car paraît-il, ils préféraient risquer une belle chute que de se priver de l’amour des Espagnoles. L’histoire nous a appris que les maris et les papas sont toujours perdants.

roger sardaigne 10Nous marchions dans des rues où l’on croyait entendre les pas des chevaliers bardés de fer lorsque nous découvrîmes la Cathédrale Sainte-Marie, par hasard.

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En rentrant, la première chose qu’on remarque c’est une belle statue polychrome de la Mater Dolorosa, la Sainte Vierge avec son enfant mort dans ses bras.

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Le prêtre était tout près. Je lui dis qu’elle me rappelait celle de Michel-Ange, au Vatican. Il me répondit que celle-ci était en bois et lui donna quelques coups sur sa tête pour me prouver son propos; c’était clair! Il ne savait ni quand, ni qui l’avait sculptée.

La cathédrale Sainte-Marie a été construite au treizième siècle dans le style romano-pisan et a obtenu le statut de cathédrale en 1258. Elle a été rénovée en style baroque au dix-huitième siècle et en style néo-roman en 1930. Le magnifique maître-autel est en argent massif.

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Le secteur de la Cathédrale est chargé d’histoire; il y a des palais superbes et certains auraient besoin d’être restaurés pour retrouver leur grandeur passée.

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Nous regagnâmes le quartier de la marina, où on a l’impression de rentrer dans une autre ville. C’est un quartier moderne, très animé, avec de nombreux restaurants et cafés. Les palazzos de style néo-gothique sur la Via Roma rappellent ceux de Venise.

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Pour gagner la via Paoli et continuer vers la Dante Alighieri, nous avons emprunté de petites rues qui portaient toutes des noms de saints. Il y a même une Via San Lucifero, la preuve que les Sardes ont beaucoup d’humour.

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Une chance qu’Anne avait un sens de l’orientation rare, sans quoi nous nous serions égarés dans les dédales des rues qui ne figuraient pas sur notre carte.

La Via Dante Alighieri est une rue pour les femmes. On y trouve tout ce qu’il y a de plus beau en magasins de mode et de meilleur en boutiques gourmandes. Nous nous sommes arrêtés à Spécialité Monte Linas, une caverne d’Ali Baba pour les gourmets de produits locaux. Il y a des montagnes de fromages sardes, des charcuteries, des vins sardes, des huiles d’olives, des confitures, des liqueurs de myrte, d’épices, dont le safran sarde et les piments locaux. La propriétaire nous a initiés aux fromages locaux, aux vins locaux et aux charcuteries.

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Nous étions si enchantés que nous l’avons invitée à venir s’installer à Montréal, mais elle a décliné car elle est amoureuse de la Sardaigne. On espère la faire changer d’avis.

Toujours guidés par le flair extraordinaire d’Anne, nous sommes arrivés à notre hôtel à temps pour le souper de groupe, où nous avons dégusté des spécialités locales.

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De droite à gauche : Luc St-Cyr de l’Agence IVSP et sa belle épouse, Roger Huet chroniqueur, Marcel Suijkerbuijk de La cooperativa delle Dellizie aux Pays Bas, Linda Garson, Éditrice en chef du magazine Culinaire à Calgary-Alberta et Anne Genest, de la maison Favuzzi à Montréal

Fin de la première journée.

Liens : 

IVSP (Importation vin select privée); info@ivsp.ca

La Cooperativa delle Delizie (Import spécialités italiennes)

Culinaire magazinelinda@cuninairemagazine.ca

Favuzzi, le bonheur des bonnes choses; anne@favuzzi.com

Délégation Commerciale d’Italie (ICE); montreal@ice.it

Regione Autonoma Della Sardegnapresidenza@regione.sardegna.it

Roger Huet
Chroniqueur vins
Président du Club des Joyeux
SamyRabbat.com
LaMetropole.com
Touristica.ca 

Ce Québécois d’origine sud-américaine, apporte au monde du vin, sa grande curiosité, et son esprit de fête. Ancien avocat, diplômé en sciences politiques et en sociologie, amoureux d’histoire, auteur de nombreux ouvrages, diplomate, éditeur. Dans ses chroniques Roger Huet parle du vin comme un ami, comme un poète, et vous fait vivre l’esprit de fête.

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