La bagarre du Vendredi saint

Déjà 40 ans… La bagarre du vendredi saint. Par Michel Bureau La rivalité Canadien-Nordiques a atteint son point culminant un 23 avril 1984 lors d’une bagarre générale à l’ancien Forum. Cela fait déjà quarante ans, mais c’est encore frais en mémoire pour plusieurs d’entre nous.
La tristement célèbre Bagare du Vendredi saint lors d'un match des Nordiques contre Le Canadien La tristement célèbre Bagare du Vendredi saint lors d'un match des Nordiques contre Le Canadien
La tristement célèbre Bagare du Vendredi saint lors d'un match des Nordiques contre Le Canadien

Déjà 40 ans… La bagarre du Vendredi saint. Par Michel Bureau


La rivalité Canadien-Nordiques a atteint son point culminant un 23 avril 1984 lors d’une bagarre générale à l’ancien Forum. Cela fait déjà quarante ans, mais c’est encore frais en mémoire pour plusieurs d’entre nous.

C’est Dale Hunter, le favori de Michel Bergeron, qui avait mis le feu aux poudres avec une mise en échec contre le gardien Steve Penney. Dale Hunter chez les Bleus, et Chris Nilan chez les Rouges, étaient les fomenteurs de troubles. René Lecavalier, la voix du hockey à l’époque, était dans tous ses états en décrivant l’action sur la patinoire ; il n’en revenait tout simplement pas. Le lendemain, à la Une du Journal de Montréal : « LE CH GAGNE LE MATCH DE LA HONTE ». Un total hallucinant de 252 minutes de punition, 10 joueurs ont été expulsés du match. On n’a pas revu une telle rivalité au hockey depuis cette époque. Il y avait même une rivalité entre certains journalistes et commentateurs sportifs de Montréal et de Québec.

Pierre Trudel et Michel Villeneuve ne pouvaient pas se sentir ; il en fut de même pour les entraîneurs Jacques Lemaire et Michel Bergeron, et même dans les chaumières, dans les familles. C’était aussi la guerre entre les Brasseries O’Keefe et Molson ; même les gardiens de but ont eu maille à partir lors de ce fameux vendredi saint. Il se passait toujours quelque chose lors d’un match Canadiens-Nordiques ; on parle encore aujourd’hui du but refusé à Alain Côté, qui opère aujourd’hui un commerce dans l’automobile à Saint-Raymond, dans le Grand Portneuf. À l’époque, j’étais aux commandes d’un show de sport, ligne ouverte, à CKLM 1570 AM. Je donnais du temps d’antenne aux présidents des fan clubs des Canadiens et des Nordiques, et pour tout vous dire, j’avais un penchant pour les Nordiques, ce qui m’a valu des commentaires pas toujours élogieux de certains partisans des Canadiens. Certains m’ont conseillé de déménager dans la région de Québec ; j’étais devenu une personne non grata auprès des partisans des Glorieux. On m’a assigné le seul siège sur la galerie de presse dans le vieux Forum, derrière une colonne. J’ai même eu recours à la force constabulaire pour sortir de la station, le soir du match où le but de Côté a été refusé. Le président du Canadien, Ronald Corey, était même venu à la station pour faire une promo à mon insu dans mon émission. ‘’Ici Ronald Corey, vous écoutez Les Partisans avec le plus grand fan du Canadien, Michel Bureau’’, une promo que j’ai tôt fait de retirer des ondes.

Les partisans des Nordiques se souviennent que le Canadien avait voté contre l’arrivée des Nordiques dans la LNH. Plusieurs ex-joueurs du Canadien sont passés chez l’ennemi au fil des ans. Jean-Claude Tremblay, alors que les Nordiques étaient dans l’AMH, Maurice Richard, comme entraîneur-chef. L’expérience fut de courte durée. Réjean Houle a aussi porté les couleurs des Nordiques, Marc Tardif, Richard Sévigny, sans oublier bien sûr Guy Lafleur. Bref, tous des Québécois qui en avaient gros sur le cœur contre la direction du Canadien de Montréal. Et je suis convaincu encore aujourd’hui que le CH est contre le retour des Nordiques dans la LNH, même si Geoff Molson prétend le contraire. Il n’y a pas mieux que Molson pour convaincre son ami Bettman de redonner une franchise à Québec, mais je doute qu’il tente d’influencer Bettman. Et on va se le dire, Molson a le Québec dans sa main ; il peut se permettre une longue période de reconstruction avec son équipe. Il n’a plus la pression de performer à chaque année, de faire les séries.

Photo principale : Plus de 252 minutes de pénalités ont été imposées pendant la bagarre du Vendredi saint entre les Nordiques et Le Canadien, il y a 40 ans. (La Presse Canadienne)

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