//Raymond Lévesque, un grand

Raymond Lévesque, un grand

Laurent Lavigne
Chaque fois que l’un de nos auteurs-compositeurs-interprètes meurt, on dit souvent que « c’est un de nos grands ». C’est certainement le cas de Raymond Lévesque dont Fernand Robidoux enregistrait déjà les chansons (« La nuit s’en vient », « Le Cœur du Bon Dieu », « Flâner ») à Londres en 1949.

Que de chemin parcouru depuis. Des centaines de chansons, des livres de poésie, des pièces de théâtre, des revues, des rôles de comédien pour Marcel Dubé «Médé », des films (Bulldozer, Deux femmes en or). Raymond Lévesque n’a jamais arrêté d’écrire, publiant même récemment (Mensonges et conditionnements, Éditions La pruche et le pin, 2019) Il a été chanté par Barbara, Bourvil, Eddie Constantine, Cora Vaucaire, Pauline Julien, Offenbach, Dominique Michel, Les Jérolas, Guylaine Guy. C’est certain que sa chanson « Quand les hommes vivront d’amour » est son œuvre marquante. Elle est chantée en plusieurs langues dans le monde. Elle fut la première chanson jouée à la radio après la chute du mur de Berlin, dans la version allemande d’Eddie Constantine. Malheureusement, cette chanson a fait de l’ombre à ses autres chansons, comme « Bozo-les-culottes », « Dans la tête des hommes », « Les trottoirs ».

Raymond Lévesque était un bourreau de travail. À la Butte à Mathieu, de 1961 à 1974, il a écrit et joué 24 revues, parfois trois dans une saison. Il en jouait une, en répétait une seconde et en écrivait une troisième durant l’été. En plus, il y donnait des récitals. Que dire de son engagement politique et social ? Il était de tous les spectacles pour venir en aide aux travailleurs (L’automne show), ou les causes politiques (Poèmes et chants de la résistance). Il a même fait un disque où il chante les travailleurs. Il s’est engagé, un des premiers, pour l’environnement dans son monologue « Le jogging ».

Bronze de Luc Laramée, sculpteur de la Mauricie

J’ai eu l’immense plaisir de travailler avec Marie-Josée Longchamps qui a monté un spectacle sur Raymond Lévesque, présenté dans toute la province pendant plus de dix ans. Il était étonnant de voir la réaction du public qui n’en revenait pas de la diversité des propos de Raymond Lévesque, sérieux ou comique, en chansons, monologues et poèmes. On lui présentait son spectacle à l’occasion de son anniversaire, que ce soit au Théâtre Outremont, à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts ou encore à Verdun, chez lui, au restaurant Les Îles en Ville. Sa famille et ses amis venaient (Béatrice Picard, Jean-Pierre Ferland, Armand Vaillancourt, Bernard Landry, etc.). Il était content de ne pas être oublié. Un disque autour de ce spectacle a été fait. Les jours d’amour contenant deux chansons inédites (« Les jours d’amour », « Toi la vie ») en plus d’une version de « Quand les hommes vivront d’amour » où Raymond participe. C’est son dernier enregistrement.

Adieu Raymond et merci pour tout.

Raymond Lévesque joue Quand les hommes vivront d’amour avec Marie-Josée Longchamps

Photo principale : Raymond Lévesque, sa famille et ses amis, Jean-Pierre Ferland, Bernard Landry, etc.

Las Olas

Passionné de la chanson québécoise, des Beatles, Rolling stones et le rock en général, Laurent Lavigne a coordonné aux Éditions VLB et ailleurs, la conception et la publication d’une dizaine d’ouvrages sur la chanson québécoise dont la biographie de Beau Dommage et l’histoire de la Butte à Mathieu. Il a organisé des spectacles pour des artistes comme Marie-Josée Longchamps et Pierre Calvé. Également auteur-compositeur interprète, il coordonne la conception et la production de CD.

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