//Gary Carter, un athlète d’exception

Gary Carter, un athlète d’exception

Michel Bureau
Déjà neuf ans que Gary Carter a succombé à un cancer du cerveau, il n’avait que 57 ans.

Un choix de troisième ronde des Expos, il a fait ses débuts dans le baseball majeur en 1974. Il a fait écarquiller les yeux des amateurs de baseball dès sa première saison complète dans les grandes ligues avec une moyenne au bâton de 270, 17 circuits et 68 points produits, 2e au titre de recrue de l’année dans la Ligue nationale en 1975. Gary Carter est rapidement devenu le favori des partisans. Il donnait toujours son 100 % à chaque match, tout comme le légendaire Pete Rose, il courait au premier but après avoir reçu un but sur balles. Gary a fait ses classes à Québec avec les Carnavals, club-école des Expos dans le AA. D’ailleurs, on lui a consacré un mur au stade Canac pour souligner son passage dans la vieille capitale. À Montréal, une rue porte son nom et un stade adjacent au Métro Henri-Bourassa, domicile des Orioles D’Ahuntsic dans la ligue de baseball Junior Élite. Bref, Gary Carter a été une figure marquante dans l’histoire du sport au Québec. Le plus Québécois des Américains !

En 1981, celui que l’on surnommait le Kid, a joué un rôle important dans  la conquête du tout premier championnat dans l’histoire des Expos. Il a frappé pour 429 dans les séries. En 1984, Gary Carter connaît sa meilleure saison dans l’uniforme des Expos avec 27 circuits et 106 points produits. L’année suivante, les Expos échangent le joueur le plus populaire de l’équipe aux Mets de New York en retour de quatre joueurs ; Hubie Brooks, Floyd Youmans, Mike Fitzgerald et Herman Winningham. Ce ne fut pas la meilleure transaction dans l’histoire des Expos. En 1986, Gary Carter connaît une superbe saison avec les Mets 24 circuits et 105 points produits, et joue un rôle déterminant dans la conquête de la Série mondiale par les Mets de New York. Gary Carter a fait ses débuts dans l’organisation des Expos comme voltigeur avant de ravir le poste de receveur à Barry Foote que l’entraîneur des Expos, Gene Mauch, voyait comme son receveur numéro un pour dix à venir. Gary a changé la donne. Carter aura joué dix ans avec les Expos, avant de poursuivre sa carrière dans l’uniforme des Mets. En fin de carrière, il fait de courts séjours avec les Dodgers et les Giants, avant de venir terminer sa carrière avec les Expos en 1992. Il a frappé son dernier coup sûr dans le baseball majeur au stade olympique contre les Cubs de Chicago, un double tout juste par-dessus la tête de son ex-coéquipier André Dawson. Il avait eu droit à une ovation monstre. Il y avait des jaloux des succès et de la popularité de Gary Carter dans le vestiaire lorsque les Expos l’ont échangé, André Dawson était du nombre. Les deux hommes se réconcilient alors que le kid était en fin de vie, c’était très émouvant comme rencontre. Gary Carter c’était le Jean Béliveau du baseball. 

Je me souviens lui avoir déjà demandé de sortir de la galerie de presse, alors qu’il était commentateur sportif pour un réseau américain, pour venir rencontrer mon fils Jonathan et ses amis qui voulaient prendre une photo avec lui. Il m’a tout de suite répondu oui sans hésitation. Comme journaliste, nous n’avions pas l’autorisation de solliciter ainsi des personnalités sur la galerie de presse, mais dans le cas de Gary j’ai passé outre aux recommandations. Mon fils y tenait tellement. Gary Carter avait beaucoup de respect pour les partisans. Il se faisait un devoir de dire quelques mots en français. Idem pour le gardien étoile du Canadien, Carey Price, qui en 14 ans n’a toujours pas adressé la parole aux partisans du Canadien dans la langue de Molière. Membre du Temple de la renommée du baseball, Gary Carter vient en tête de liste des athlètes les plus sympathiques que j’ai rencontrés dans ma carrière. Les bons souvenirs ne meurent jamais !

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