//Un geste inexcusable

Un geste inexcusable

Michel Bureau
Mark Scheifele des Jets de Winnipeg, pourtant reconnu comme un joueur qui n’est pas salaud, seulement 18 minutes de punition en saison régulière, y a été d’une mise en échec percutante et vicieuse à l’endroit du jeune attaquant des Canadiens Jake Evans, mercredi soir, lors du premier match de la série contre les Jets.

Un geste gratuit inutile alors que la rondelle était déjà dans le filet au moment de l’impact. On a sorti le jeune Evans sur une civière. Le 71 du Canadien souffre d’une sévère commotion cérébrale, et sera absent pour une période indéterminée. Scheifele a écopé d’une suspension de seulement quatre matchs. Encore une fois, la Ligue nationale a fait fausse route. Le violent coup donné à Evans justifierait des charges de voies de fait. Mais de mêler la justice au sport, ce n’est pas la meilleure des solutions. Cependant, il faudrait des sanctions beaucoup plus sévères. Ce n’est pas logique aussi que  la LNH ait choisi un goon comme préfet de discipline. Georges Parros, c’était un goon durant sa carrière. Il n’a marqué que 18 buts en 474 matchs, et écopé de 1 092 minutes de punition, un récidiviste comme préfet ! C’est un peu comme si le Premier ministre Legault nommait Mom Boucher comme ministre de la Justice !

Evans en était déjà à une quatrième commotion cérébrale en carrière. Ce qu’il faut retenir de cette collision, c’est qu’elle est localisée dans le haut du corps en un point précis près du cou. Il y a eu le violent coup d’épaule, mais aussi la violente chute D’Evans sur la patinoire qui a fait beaucoup de dommage selon Mathieu Charbonneau, biomécanicien du sport à l’institut National du Sport du Québec. Evans aura des séquelles à court, moyen ou long terme. Plusieurs joueurs ont subi des commotions cérébrales sévères durant leurs carrières. En novembre 2018, le circuit Bettman avait conclu une entente à l’amiable avec plus de 300 joueurs à la retraite, d’une valeur de 18,9 millions. Ces anciens joueurs avaient accusé la LNH de ne pas avoir été en mesure de les protéger contre les blessures à la tête ou de les avoir mal informés concernant les risques. À un moment donné, un joueur va perdre la vie sur la patinoire, et il sera trop tard pour réagir.

Et le plus pathétique dans cette histoire c’est que Scheifele ose prétendre que le préfet de discipline a été sévère à son endroit, que son geste ne méritait pas une telle sanction. Son entraîneur, Paul Maurice, abonde dans le même sens. Dans le passé, la Ligue nationale a déjà suspendu des joueurs pour de très longues périodes pour des gestes beaucoup moins graves. Dale Hunter a écopé d’une suspension de 21 matchs, Chris Simon 25 matchs, Raffi Torres 41 et 25 matchs, Marty Mcsorley 23 matchs. Probablement que le fait que Scheifele soit un joueur vedette dans la LNH a pesé lourd dans la balance, et pourtant le geste méritait à tout le moins une suspension pour la balance des séries, et pour le début de la prochaine saison. Souhaitons qu’il n’y ait pas de sixième match dans cette série et que Scheifele soit tenu à l’écart du jeu, pas digne d’un athlète professionnel.

Mains LibresJGA
Partagez par courriel