//Leonard Cohen, Étrange musique étrangère

Leonard Cohen, Étrange musique étrangère

Ricardo Langlois

Leonard Cohen nous a quitté en 2016. Depuis ce temps, Cohen est toujours parmi les meilleurs vendeurs en poésie au Québec. Étrange Musique Étrangère est une superbe anthologie (traduite par le dramaturge Michel Garneau).

On peut recueillir des images de sagesse, de bons mots, des formules pour se les mettre en mémoire. Leonard Cohen, c’est la sensualité. Lisez C’est probablement le printemps : Sally a perdu son parfum et son cœur  (p.176) ou l’image de la femme en colombe, elle est venue avec le style même du Saint-Esprit (p. 201).

Cette sagesse rudimentaire est si proche de l’expérience humaine (personnelle). Certes, il y a des sages qui fuient le monde. Et qui ne veulent pas parler à personne. Oui, il a été moine. Il est un fou de Dieu. Pour Cohen, l’Occident s’est perdu dans ses contradictions.

En 1993, il touche le fond avec les antidépresseurs. Au fil du recueil, on découvre un homme aux idées romantiques et spirituelles. Il veut dépasser l’Égo. On retrouve l’intégral du Livre des Miséricordes, écrit en 1984. Soyez bénis, enlacements de celui qui tombe, fondation De la lumière, maître de l’humain accident (p. 245).

C’est le drame de la foi donnée et trompée, de la promesse faite et rompue. Le combat entre le physique et l’émotif, dont Leonard Cohen donne une illustration dérangeante.  Etre brisé, abandonné. On pense à Rimbaud. On y retrouve aussi les rues de Montréal de sa jeunesse et l’hiver et la célèbre Marianne, la lune d’Hydra et le squelette d’Hitler.

Étrange musique étrangère, édition de poche, Typo 2018
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