Marilyn Monroe, le film Blonde

Marilyn Monroe, le film Blonde.  Par Anne Campagna.
Le film Blonde, dans lequel Ana de Armas joue une Marilyn traumatisée, violentée, abusée, souriante malgré tout aux caméras. Un film américain qui a aussi ses fans ici, de l’autre côté du 45e parallèle.  Avouons-le, Québécois ou Français, l’Amérique fascine, même au bord du gouffre, malgré les excès de la politique américaine.
La flamboyance, parfois kétaine de leurs stars du show business.  Les Américains réussissent à nous séduire à coups de millions $, de paillettes, de flashs, comme celui du procès opposant Amber Heard à Johnny Depp, à grand renfort de grosses larmes et d’avocats aux prix faramineux. Marilyn Monroe, avec son style parfois aux limites de la bienséance, ses robes trop décolletées, son rouge à lèvre trop rouge, ses cheveux trop blonds, réussit encore à attirer notre attention, nos regards, et même les fantasmes.
L’Amérique des années 50, Marilyn, nous fait encore rêver et rêver.  On en a bien besoin dans un monde au bord d’une guerre mondiale, où les mauvaises nouvelles nous déboulent sur la tête les unes après les autres. Il y a une soif inconsciente parmi nous de gaieté, de beauté et, pourquoi pas, de paillettes et de transes. D’un retour à une Amérique qui rêvait, et qui au final, n’était qu’à une heure de route de Montréal. Une Amérique qui nous a déjà donné le goût de croire au rêve américain et qu’en travaillant très fort, chacun pouvait s’en sortir, réussir sa vie, comme Marilyn, des tréfonds de son âme tourmentée par le cruel manque de père et de vraie mère, jusqu’aux lumières d’Hollywood.
Suivre les pas de Marilyn Monroe. Elle est là, encore dans nos cœurs et notre imagination, au musée Grévin, sur des photos dans les librairies et déguisée en drag queen, là sur son parfum Chanel no 5, ses robes plus glamour les unes que les autres, qu’on peut encore se procurer à Montréal, les livres qui parlent d’elle dans nos bibliothèques et même dans les cours en cinéma. Là pour nous sourire éternellement et cacher ses tourments. Là pour nous donner le goût de la fête, le goût du spectacle, et le goût de vivre, de s’amuser, malgré tout..
Évidemment, après avoir brillé dans le firmament telle une étoile filante, mais oh combien brillante, Marilyn Monroe se devait telle une marionnette d’une tragédie grecque implacable dans sa destinée écrite par les dieux eux-mêmes, mourir dans un fracas et des révélations plus troublantes et étonnantes les unes que les autres.  Puisqu’il n’en pouvait pas être autrement, puisque le sort en était jeté, puisqu’elle avait osé défier les dieux. Et c’est là tout l’intérêt qui fait en sorte que la vie et la mort de la star nous touchent tellement. Marilyn c’est la petite fille quasi orpheline qui avait tout pour échouer, mais qui réussit brillamment sa carrière grâce à un travail acharné et sa grande beauté. Marilyn incarne, à la fois, le rêve américain d’une Amérique qui ne cesse de s’accrocher à ses rêves, à ses idéaux, et l’essence même de la tragédie grecque : quoi que fasse le héros, il est condamné par les dieux.  Le voir se débattre pour changer cela ne changera rien à son destin.
Archétype de la femme fatale, celle qui revient dans l’histoire humaine périodiquement.  La femme-sirène par laquelle les navires viendront s’échouer sur les récifs du port. Celle qui par sa beauté et sa sexualité rayonnantes, représente un tel pouvoir que les hommes ne puissent s’empêcher de la désirer, de la haïr, mais aussi d’en avoir peur. Marilyn joue sur tous les tableaux, la fille qui aime son papa, la femme enfant adorable, la femme fragile et sensible, l’artiste sans défense, la blonde idiote, mais derrière tous ces paravents se trouve une femme très intelligente qui a compris l’âme humaine.  Marilyn sait comment manipuler les hommes par sa beauté, son intelligence et son charme pour atteindre la célébrité. Marilyn Monroe, éternelle héroïne d’une tragédie.
Le PluvierLe Pois Penché

Anne Campagna

Je m'intéresse au journalisme d'enquête et au reportage international depuis l'âge de 19 ans. Issue d'un milieu politique québécois et canadien, les histoires de corruption m'ont toujours fascinées, ainsi que le partage du pouvoir dans les sociétés, les décisions des gens de pouvoir, leurs réussites et leurs échecs. La place des femmes dans ce milieu aussi m'est un sujet d'intérêt important, et je termine présentement un roman en collaboration avec le directeur de l'Agence Québec Presse qui touche ces sujets.