Un groupe de personnes dans une salle de classe, avec le Prof d’un jour en renfort.

Prof d’un jour en renfort

Prof d’un jour en renfort. Par Michel Bureau
De toute ma vie, je n’ai jamais pensé ne serait-ce qu’un instant, qu’un jour j’allais me retrouver devant une classe à jouer le rôle d’un professeur, à vivre le quotidien d’un prof, du primaire au secondaire. Je n’ai été témoin d’aucune scène disgracieuse en quatre mois.

Tout un contraste avec mon vécu à l’école comme étudiant. Il faut dire qu’à mon époque, et dès le primaire à l’école Cardinal Léger à Anjou, ça fonctionnait à coups de claques derrière la tête, de punition dans un coin pendant une heure, de coups de règle en cuir sur la main, de bagarres dans la cour d’école. J’ai été tellement marqué que je me souviens encore des noms des profs. Ce n’était rien pour te faire aimer l’école. On a beaucoup évolué du moins jusqu’à un certain point, il y a encore des débordements, mais bon. Il y aura toujours des passionnés, et d’autres qui sont là pour toucher un salaire.

J’ai bien aimé l’expérience en suppléance, au point de vouloir récidiver. J’aime communiquer avec les jeunes, surtout avec ceux qui ont de la suite dans les idées, et ils sont légion. Je ne me considère pas comme un prof, mais bien comme un journaliste, animateur radio. Je ne recule jamais devant un défi que je considère comme surmontable. Il a beaucoup été question d’éducation récemment dans les médias, sur les réseaux sociaux. Les suppléants n’ont pas nécessairement eu bonne presse. C’est faut-il le rappeler à cause d’une pénurie d’enseignants que le ministère de l’Éducation a mis en application le programme ABSENTÉO, pour pallier au manque de main-d’œuvre. Je me suis dit que la candidature d’un journaliste comme suppléant était aussi valable qu’une autre.

Il s’est dit plein de choses dans les médias sur les réseaux sociaux. Ce que je retiens tout d’abord si vous n’êtes pas un bon communicateur, veuillez vous abstenir, le métier de prof ce n’est pas pour vous. Si vous n’êtes pas de nature patiente, et que vous n’aimez pas les enfants, vous ne cognez pas à la bonne porte. Pour moi, il n’y a rien de plus gratifiant que de transmettre son savoir, ses connaissances, aux suivants.

Pour assurer une certaine continuité dans l’enseignement, il faudrait non seulement augmenter le salaire des profs, mais également améliorer les conditions de travail des enseignants. Pourquoi ne pas donner un aide de camp aux profs?  Un projet pilote dans l’Estrie a démontré hors de tout doute que c’était efficace et que cela facilitait la tâche du professeur. Une police d’assurance pour les professeurs. Au hockey, ils sont quatre derrière le banc pour une vingtaine de joueurs, au baseball, il y a l’entraîneur des lanceurs, de la défensive, deux sur les buts, au football davantage. Alors pourquoi pas un adjoint pour chaque professeur ?

Photo principale : Julie Marceau.  Radio-Canada, récits numériques.   Cinq partis relèvent le défi « prof d’un jour ». 

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