Edouard Julien, tout un cheminement!

Edouard Julien, joueur de baseball, lance une balle en l'air avec tout un cheminement. Edouard Julien, joueur de baseball, lance une balle en l'air avec tout un cheminement.
Edouard Julien, tout un cheminement!  Par Michel Bureau
Ce n’est pas évident pour un Québécois de faire carrière dans le baseball majeur, il faut du talent, certes, mais surtout beaucoup beaucoup de caractère. Au hockey, un joueur dès l’âge de 18 ans, peut passer du Junior majeur à la LNH, ce n’est pas le cas au baseball.
Ce qui explique en grande partie pourquoi les joueurs sont plus matures au baseball. Les Crosby ne sont pas légion au hockey. Il y a trop d’écarts de conduite comme ce fut le cas avec Mike Ribeiro, un beau gâchis, et tout récemment Alex Galchenyuk, et combien d’autres. Au baseball, un joueur pour accéder à la terre promise (Major League Baseball) doit passer par les rangs universitaires, puis dans les clubs-écoles le A, AA, et le AAA. Un passage obligé. Un joueur, aussi talentueux soit-il, arrive dans les grandes ligues à 23 ans en moyenne,  Edouard a 24 ans. Il est donc mature lorsqu’il arrive au sommet de son art. Au hockey, les jeunes sont laissés trop souvent à eux-mêmes.
Et pourtant, les équipes investissent des sommes colossales dans de jeunes prospects.  Je travaillais pour le Collège français au marketing, et nous avions comme étudiants un certain Mike Ribeiro. Le tricolore lui a fait une offre par la suite, personne de l’organisation du Canadien n’a pris le téléphone pour contacter un dirigeant du Collège français pour avoir des infos sur Ribeiro. À l’époque, Serge Savard, alors directeur-gérant du Canadien avait eu la brillante idée d’héberger un jeune prometteur en Petr Svoboda.
Résilience
Tout comme Abraham Toro dans l’organisation des Brewers de Millwakee,  Edouard Julien avec les Twins du Minnesota a fait preuve de résilience. Les deux Québécois sont retournés dans les clubs-écoles après de brefs séjours dans le baseball majeur, mais ils n’ont pas abandonné pour autant. Aujourd’hui, ils récoltent le fruit de leurs labeurs. D’autant plus intéressant que nos deux Québécois sont impliqués dans des courses au championnat, Abraham, que j’ai eu la chance de voir jouer avec Orioles D’Ahuntsic, avec les Brewers de Millwakee dans la centrale de la Nationale, et Edouard Julien avec les Twins du Minnesota.
Et pourtant, les Expos ont quitté Montréal depuis 2004. Il y a encore un grand engouement pour le baseball tout particulièrement dans les régions de Québec, Saguenay, et Gatineau, mais aussi dans la région de Montréal et sur la rive-sud. C’est inadmissible que Montréal n’ait pas une équipe dans la ligue Frontier, le plus haut calibre de baseball pratiqué au Canada. À défaut d’un filet mignon, on va se contenter d’un bon hamburger steak. Les Capitales affichent complet à Québec très souvent, l’an dernier, ils ont battu des records d’assistance. Nul doute que les succès de Julien sont une source de motivation et d’inspiration pour les jeunes Québécois.
Au moment de mettre sous presse, Edouard Julien affichait une moyenne de 290, 10 circuits et 21 points produits. Son gérant l’utilise à plusieurs positions, il a même eu recours à ses services récemment comme frappeur de choix. Et le Québécois frappe en temps opportun. Edouard va vraisemblablement finir la saison avec les Twins, et il est dans les grandes ligues pour y rester. Pas si mal pour un joueur repêché au 532e rang, comme quoi il faut toujours garder espoir!
Le Pois PenchéMains Libres

Le Bureau des Sports